L'Insee prévoit 1,6% de croissance du PIB en 2008
PARIS (Reuters) - Le ralentissement de l'économie mondiale touchera de plein fouet la France à partir du deuxième trimestre, estime l'Insee qui ne prévoit qu'une hausse de 1,6% du produit intérieur brut sur l'ensemble de l'année.
La croissance, qui avait rebondi de 0,6% sur les trois premiers mois de l'année, serait de 0,2% au deuxième trimestre, de 0,0% au troisième et de 0,2% au quatrième, écrit l'Institut national de la statistique dans une note de conjoncture publiée vendredi et intitulée "Baisse de régime".
En mars, dans sa précédente note de conjoncture, l'Insee tablait sur une croissance de 0,3% au deuxième trimestre. Sa projection de 1,6% sur l'ensemble de l'année est quant à elle inférieure à la prévision gouvernementale de 1,7-2,0%.
Selon l'Insee, l'envolée des prix du pétrole - le baril de Brent a culminé récemment à 137 dollars -, une consommation des ménages atone et le retournement du marché immobilier se conjugueront pour freiner l'activité, tandis que l'inflation ne décélérera qu'en fin d'année après de nouveaux points hauts.
Dans l'hypothèse d'un baril de Brent qui se stabiliserait autour de 130 dollars, le taux d'inflation - qui était de 3,3% en mai - culminerait à 3,6% cet été avant de refluer à 2,8% en fin d'année. Sur l'ensemble de 2008, il s'établirait à 3,2%, un niveau inégalé depuis 1991, et les hausses des prix alimentaires et des prix énergétiques seraient responsables chacune d'environ un point de hausse.
"Les prix du pétrole ont poursuivi depuis mars leur spectaculaire ascension. C'est la raison principale pour laquelle nous attendons un net fléchissement de la croissance française dès le deuxième trimestre", a déclaré Eric Dubois, chef du département de la conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse.
Dans sa note de conjoncture de mars, l'Insee avait retenu pour hypothèse un prix du baril à 95 dollars.
L'INFLATION PÈSE SUR LA CONSOMMATION
L'Institut brosse un sombre tableau de la situation internationale en raison de la flambée des prix des matières premières mais aussi de la chute de la construction immobilière, "qui ne signale pas d'accalmie et touche aussi bien les Etats-Unis que l'Irlande, l'Espagne ou le Royaume-Uni", sans oublier la crise des marchés financiers qui "tend à se prolonger" et incite les banques à freiner le crédit. Suite...

