Le vin de Bordeaux se prépare au changement climatique

jeudi 15 octobre 2015 23h32
 

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - "On ne veut pas faire du vin de Bordeaux qui n'en serait plus" : scientifiques et viticulteurs ont mis les bouchées doubles pour dénicher des cépages permettant de préserver les spécificités de leur nectar malgré le réchauffement climatique.

Aujourd'hui, dans le vignoble bordelais, les vendanges se font en moyenne 10 jours à deux semaines plus tôt que dans les années 1980. Les raisins sont plus riches en sucre, leur pH est plus élevé et le degré d'alcool supérieur entraîne des modifications dans le profil aromatique.

Depuis 2009, la viticulture s’est associée à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et à l'Institut de la vigne et du vin (ISVV) pour expérimenter de nouveaux cépages.

"Nos travaux visent à adapter notre vignoble au changement climatique. On ne veut pas faire du vin de Bordeaux qui n'en serait plus. L'objectif est de garder la typicité bordelaise", a déclaré à Reuters le président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) Bernard Farges.

La "typicité bordelaise", dont l'une des caractéristiques est de produire un vin de garde, c'est surtout le merlot, le cépage le plus répandu dans le vignoble girondin pour les rouges (60%) suivi par le cabernet-sauvignon (30%).

Or, le merlot est le cépage qui risque le plus de souffrir de la sécheresse et de l'augmentation de la température moyenne.

Pour prévenir plutôt que guérir, la viticulture bordelaise, l'Inra et l'ISVV ont lancé Vitadapt, un programme de recherches sur les cépages susceptibles de s'adapter au réchauffement, une expérience scientifique unique au monde.

"Les recherches portent sur les cépages, les porte-greffes, les pratiques culturales pour faire que le vin continue à venir en septembre car un merlot qui mûrit en août ne peut pas faire un véritable vin de Bordeaux", dit Bernard Farges.   Suite...

A Camblanes près de Bordeaux. Scientifiques et viticulteurs ont mis les bouchées doubles pour dénicher des cépages permettant de préserver les spécificités de leur nectar malgré le réchauffement climatique. Aujourd'hui, dans le vignoble bordelais, les vendanges se font en moyenne 10 jours à deux semaines plus tôt que dans les années 1980, les raisins sont plus riches en sucre, leur pH est plus élevé et le degré d'alcool supérieur entraîne des modifications dans le profil aromatique. /Photo prise le 8 octobre 2015/REUTERS/Regis Duvignau