Wimbledon: Vendredi noir pour les Français
par Eric Salliot
WIMBLEDON (Reuters) - Le tennis français a connu une triste journée à Wimbledon, avec la défaite de ses trois représentants engagés au troisième tour.
Alors qu'elles pouvaient espérer se retrouver lundi en huitièmes de finale, Marion Bartoli et Amélie Mauresmo ont été stoppées net. Depuis 2000, il y avait toujours au moins une Française en deuxième semaine à Wimbledon. Pire, aucune Tricolore n'a atteint le quatrième tour lors des trois premiers Grands Chelems de l'année.
Marion Bartoli (n°11), finaliste surprise l'an dernier, a été éliminée sans gloire par la modeste Bethanie Mattek, plus connue pour ses tenues excentriques que pour sa capacité à signer des exploits. Mais l'Américaine, 69e mondiale, a profité d'une pâle Française pour s'imposer 6-4 6-1.
"Les conditions de jeu étaient glauques, avec du vent, un plafond assez bas, on se serait cru dans un cimetière, a dit Marion Bartoli. J'ai mené 4-2 et ensuite, je n'ai plus fait qu'un jeu, ça arrive. J'ai eu des douleurs à l'épaule droite et au mollet, peut-être était-ce dû à la tension, au stress. Sans service, sur gazon, on n'a guère de chances. Voilà, maintenant, on va me laisser tranquille avec la défense de mes points de la finale 2007. Si je retrouve la forme, je suis capable d'aller loin dans les gros tournois."
Actuellement dixième au classement mondial, Marion Bartoli va évidemment reculer. Mais, en principe, pas au delà de la dix-septième place. Elle va même conserver son statut de numéro un française.
GICQUEL PREND UNE LECON
Sur le Central, Amélie Mauresmo (n°29) a résisté l'espace d'un set à Serena Williams (n°6) avant de craquer physiquement (7-6 6-1), toujours handicapée par sa blessure à la cuisse gauche. Menée 3-0, la Française a réagi en poussant l'Américaine au tie-break. Très équilibré, celui-ci a basculé sur les trois derniers points remportés par Serena Williams, plus offensive.
"J'ai bien géré ma douleur durant toute la première manche, a dit Amélie Mauresmo. Je sentais que j'avais le jeu pour la gêner. Mais c'est une évidence que je sais jouer sur gazon. Malheureusement, j'ai ressenti une pointe aiguë sur la balle de set et dans ces conditions, je ne pouvais plus rien faire. J'attends les nouveaux examens lundi. J'en ai un peu assez d'enchaîner les pépins. Peut-être vais-je alléger mon programme et cibler des objectifs. Mais les Jeux olympiques et l'US Open vont quasiment s'enchaîner. Ça ressemble à un dilemme." Suite...

