Casino dit être "attaché" à son statut "investment grade"

lundi 18 janvier 2016 07h03
 

PARIS, 18 janvier (Reuters) - Casino, menacé par Standard & Poor's de dégradation de sa note de crédit dans la catégorie spéculative, a annoncé lundi être attaché à son statut d'émetteur "investment grade".

Le groupe ajoute, dans un communiqué, que "l'amélioration de ses performances opérationnelles attendue en France en 2016 et l'ampleur du programme de cessions engagé sont des éléments importants qui renforceront sa structure financière".

S&P a placé sous surveillance négative les notes de crédit de Casino, menaçant de faire passer la dette du groupe de distribution dans la catégorie des obligations spéculatives pour cause de forte dégradation des résultats du groupe au Brésil et d'endettement élevé.

Abaissée d'un cran seulement, la dette long terme du groupe aujourd'hui notée BBB- basculerait dans la catégorie des dettes à haut risque, qui ne peuvent pas être détenues par les grands investisseurs institutionnels.

L'avertissement de S&P intervient après les attaques du fonds américain Muddy Waters jugeant le groupe "dangereusement endetté" et estimant que son ingénierie financière complexe masquait une forte détérioration de ses activités.

En réponse à Muddy Waters, Casino a défendu son modèle économique et sa structure financière, disant s'attendre à une nette amélioration de ses résultats en France et disposer des ressources pour ses remboursements au-delà de 2017.

Lundi, Casino réaffirme disposer "d'une très bonne liquidité qui lui permet de faire face à tous ses remboursements de dette dans les années à venir".

Mis sous pression par une chute de plus de 40% de son cours de Bourse en 2015, liée à la baisse de ses performances au Brésil et en France, le distributeur a dévoilé en décembre un plan de désendettement de 2,0 milliards d'euros, le deuxième en six mois, avant de réviser une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de résultats 2015 le 14 janvier. et

Contre toute attente, il a, le même jour, annoncé la cession de sa très rentable filiale Big C en Thaïlande - alors qu'il prévoyait il y a seulement un mois de faire entrer des investisseurs minoritaires dans ses galeries commerciales - afin de porter à 4,0 milliards d'euros son programme de désendettement. (Pascale Denis, édité par Matthieu Protard)