Eurotunnel réclame une indemnisation face au problème des migrants

mercredi 22 juillet 2015 07h30
 

PARIS, 22 juillet (Reuters) - Eurotunnel a confirmé ses objectifs annuels après des résultats semestriels en nette hausse et réclamé une indemnisation pour ses dépenses de sécurité et sa perte d'exploitation liées à la pression migratoire à Calais.

Soutenu par le dynamisme de l'économie britannique, la progression du trafic de ses navettes et de son fret ferroviaire, l'opérateur du tunnel sous la Manche a vu ses ventes augmenter de 9% à changes constants à 649 millions d'euros et son Ebitda progresser de 9% également à 252 millions, un chiffre conforme au consensus ThomsonReuters I/B/E/S.

Eurotunnel, qui enregistre une hausse de son chiffre d'affaires pour le 11e semestre consécutif "récolte les fruits de sa stratégie passant par une extension de ses installations et une plus grande fréquence", s'est félicité son PDG, Jacques Gounon, lors d'une conférence téléphonique.

Le groupe s'est dit confiant dans la poursuite de cette tendance positive sur la deuxième partie de l'année et a confirmé viser un Ebitda de 535 millions d'euros en 2015 et de 580 millions d'euros en 2016.

Aux prises avec un important afflux de migrants dans le port de Calais, Eurotunnel a indiqué avoir engagé des dépenses de 13 millions d'euros pour sécuriser son terminal et contrôler les chargements des camions, un montant équivalent à celui de l'ensemble de 2014.

Aussi, comme il l'a déjà fait par le passé, l'opérateur va-t-il réclamer aux Etats français et britannique une indemnisation - de 9,7 millions d'euros - pour compenser ses dépenses de sécurité et ses pertes d'exploitation.

"Les pouvoirs publics méconnaissent gravement la situation", a déploré Jacques Gounon, pour qui les forces de sécurité sont insuffisantes face à un nombre de migrants "plus proche de 5.000 que des 2.000" évoqués par les pouvoirs publics.

Concernant MyFerryLink, la compagnie maritime exploitée par les marins de la Scop SeaFrance et placée en redressement judiciaire, les discussions entre le ministère des Transports, le danois DFDS, Eurotunnel et la Scop sur les conditions de reprise des salariés n'ont toujours pas abouti.

DFDS, à qui Eurotunnel a loué deux de ses navires, se propose de reprendre 202 salariés et Eurotunnel 120, sur un effectif de 472 emplois permanents.   Suite...