L'offre ferme d'EDF sur Areva NP pas avant début 2016-sources

lundi 14 décembre 2015 12h40
 

PARIS, 14 décembre (Reuters) - EDF ne déposera probablement pas son offre ferme de rachat de l'activité réacteurs nucléaires Areva avant début 2016 en raison de divergences de valorisation mais aussi de difficultés à traiter le passif de l'EPR finlandais, a-t-on appris de sources au fait du dossier.

EDF et Areva ont présenté fin juillet un protocole d'accord prévoyant la cession à l'électricien public de 51% à 75% du capital d'Areva NP, société chargée de la construction des réacteurs, de l'assemblage des combustibles et des services à la base installée, sur la base d'une valorisation de la société de 2,7 milliards d'euros.

Mais les sources interrogées par Reuters, confirmant des informations de presse, ont indiqué que cette valorisation avait été revue à la baisse ces derniers mois et s'établissait désormais autour de 2,2 à 2,3 milliards selon les estimations d'EDF, qui prévoyait à l'origine de déposer son offre avant la fin de l'année.

Selon l'une d'elles, un écart "substantiel" subsiste entre les valorisations et les discussions entre les deux parties "restent vraiment compliquées".

"Les doutes sont évidemment sur le montant, mais surtout sur la Finlande", a indiqué une autre source. "Il y a plutôt une volonté du gouvernement de traiter ce sujet-là avec Areva avant de clore (la cession d'Areva NP)."

Areva et EDF n'ont pas souhaité commenter ces informations et personne n'était disponible dans l'immédiat au ministère de l'Economie.

Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron a annoncé fin novembre qu'il se rendrait prochainement en Finlande pour tenter de trouver une solution au différend qui oppose Areva à l'opérateur électrique TVO à propos des retards du chantier du réacteur nucléaire Olkiluoto-3 (OL3).

Les difficultés du chantier plombent les comptes d'Areva, qui en est le maître d'oeuvre, et sont à l'origine d'une procédure d'arbitrage international dans laquelle le client finlandais réclame 2,6 milliards d'euros au groupe public français.

"Le client aurait tout intérêt à garder une responsable clairement désigné et solvable qui ne sera pas la future Areva, c'est-à-dire soit EDF soit le gouvernement. Or, c'est exclu pour EDF et ça pose un sujet du côté du gouvernement, car il faut notamment éviter que ce soit considéré comme une aide d'Etat", a expliqué une source.

L'Etat communiquera par ailleurs début 2016 le montant de la recapitalisation d'Areva et non fin 2015 comme prévu initialement, a indiqué Emmanuel Macron le 8 décembre, invoquant notamment les discussions entre Areva et EDF. (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)