LEAD 4 France-Le P-DG de Valeo sommé de renoncer à son parachute

mardi 24 mars 2009 20h34
 

(Actualisé avec Sarkozy)

par Clément Dossin et Thierry Lévêque

PARIS, 24 mars (Reuters) - Le "parachute doré" octroyé à Thierry Morin, P-DG en instance de départ de Valeo (VLOF.PA: Cotation), a provoqué mardi une nouvelle vague d'indignation en France, où gouvernement et patronat l'ont sommé d'y renoncer.

Dans un discours à Saint-Quentin (Aisne), Nicolas Sarkozy a condamné l'acte. "Qu'un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec un parachute doré, ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête", a-t-il dit.

Cependant, le chef de l'Etat n'a pas demandé de législation sur les rémunérations des patrons, comme un élu de la majorité l'annonçait. Modifiant le texte initial de son discours, le chef de l'Etat n'a évoqué qu'une éventuelle loi sur le "partage des profits" si le patronat ne fixe pas une règle d'ici juin.

L'indemnité de départ 3,2 millions d'euros de Thierry Morin, révélée par le journal Libération, concerne le dirigeant d'un équipementier automobile en difficulté, qui a supprimé des emplois et reçu le soutien de l'Etat, entré dans son capital.

Valeo a déclaré que le "parachute doré" était conforme au code d'éthique du patronat et a paru rejeter toute intervention de l'Etat en disant que l'indemnité serait soumise au vote des actionnaires. L'Etat n'a pas formellement subventionné l'entreprise mais seulement acheté ses titres, dit la société.

Peu après, la présidente du Medef Laurence Parisot a cependant demandé à Thierry Morin d'abandonner son "parachute", estimant qu'il violait les recommandations de son syndicat.

"Le mouvement des entreprises de France ne se reconnaît pas dans le comportement d'un dirigeant qui piétine ainsi l'intérêt général de son entreprise, qui méprise ses salariés, qui bafoue ses patrons de PME, et notamment des PME sous-traitantes de cette entreprise, et qui foule au pieds notre code de gouvernance", a-t-elle déclaré au siège du Medef.   Suite...