Le Maire appelle l'axe Paris-Berlin à coopérer face à la crise

jeudi 22 janvier 2009 15h48
 

PARIS, 22 janvier (Reuters) - Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Bruno Le Maire, a exhorté jeudi Paris et Berlin à coordonner davantage leurs politiques économiques dans des secteurs clés comme l'automobile pour faire face à la crise.

Parfait germanophone, le successeur de Jean-Pierre Jouyet à ce poste a saisi l'occasion d'un colloque sur les relations franco-allemandes à la Bourse de Paris pour inciter le moteur franco-allemand à dépasser ses éventuelles divergences.

"Dans la situation de crise que nous vivons aujourd'hui, il est impératif que nous ayons davantage de coordination dans nos politiques économiques", a-t-il déclaré.

Concernant l'automobile, il a jugé "impensable" que Paris et Berlin ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente pour avoir, à la fin de la crise, "de grandes industries européennes qui soient plus fortes, plus compétitives et qui permettent de gagner des parts de marché" au niveau mondial.

"C'est le chemin auquel il faut penser plutôt qu'au chemin d'une rivalité exacerbée entre constructeurs qui, finalement, ne bénéficiera à personne."

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont engagés au début du mois à travailler en étroite collaboration pour soutenir leurs industries automobiles, qui représentent près d'un emploi sur cinq en Allemagne et un emploi sur dix en France.

Le gouvernement français a annoncé cette semaine l'octroi d'une aide de cinq à six milliards d'euros aux constructeurs.

Outre l'automobile, Bruno Le Maire a appelé à une meilleure coordination dans les domaines de l'énergie, des hautes technologies ou de la chimie. "Sur tous ces sujets-là, nous devrons arriver à progresser ensemble", a-t-il dit.

Il a toutefois prévenu que les deux pays - principales économies de la zone euro - auraient des discussions "forcément compliquées" en raison de leurs conceptions différentes sur la Banque centrale européenne (BCE) et la régulation financière.

Le secrétaire d'Etat n'a pas cherché à cacher que cela avait aussi été le cas en 2008 sur l'Union pour la Méditerranée, un projet que Nicolas Sarkozy voulait limiter aux seuls pays riverains, au grand dam de l'Allemagne, qui y voyait un risque de fracture entre le nord et le sud de l'Union européenne.

"Je me réjouis de la manière dont l'Allemagne a infléchi le projet francais initial", a-t-il dit. "Le projet francais initial était une excellente intuition du président de la République (...) mais c'était en même temps une vision qui, en excluant une partie des pays européens, remettait en cause l'unité de l'Europe comme ensemble politique." (James MacKenzie, édité par Clément Dossin)