La Suisse réaffirme à Paris qu'elle n'est pas un paradis fiscal

mercredi 18 mars 2009 19h38
 

PARIS, 18 mars (Reuters) - "La Suisse n'est pas un paradis fiscal", a répété mercredi à Paris le chef de la diplomatie helvétique quelques jours après la décision de Berne d'assouplir les règles régissant le secret bancaire.

Cédant à la pression internationale qui monte à l'approche du G20 du 2 avril à Londres, plusieurs pays comme la Suisse, l'Autriche, Andorre et le Luxembourg ont décidé de se conformer aux normes de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) sur un assouplissement du secret bancaire.

Micheline Calmy-Rey, conseillère fédérale suisse, est en tournée en Europe pour expliquer ce choix, qu'elle a notamment présenté aux ministres français des Affaires étrangères et du Budget, Bernard Kouchner et Eric Woerth.

"Nous levons le secret fiscal sur demande dans des cas d'évasion fiscale qui jusque là n'étaient pas couverts. Nous allons nous attacher à concrétiser cette décision du gouvernement", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à l'ambassade de Suisse à Paris.

"Mes interlocuteurs ont pris acte de cet engagement, de cette décision du gouvernement suisse et se sont déclarés satisfaits", a ajouté la conseillère, qui s'exprimait juste après sa rencontre avec Eric Woerth.

L'ambassade de Suisse a fait savoir qu'elle avait transmis une lettre au secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, et n'avait pas encore reçu de réponse.

Dans la perspective du G20, France et Allemagne ont jugé nécessaire de travailler à un "mécanisme de sanctions effectif" sur les paradis fiscaux et de "désigner" les Etats non coopératifs.

Un schéma dans lequel Micheline Calmy-Rey ne reconnaît pas son pays.

"Je pense qu'il est important d'informer nos partenaires pour dire que la Suisse n'a pas sa place sur la liste des paradis fiscaux", a-t-elle insisté. "La Suisse n'est pas un Etat voyou, c'est un Etat coopératif qui applique les standards reconnus. Elle a fait un pas supplémentaire maintenant qui est salué par tout le monde".

En matière de blanchiment d'argent "on a une des lois les plus sérieuses", a-t-elle notamment fait valoir.

Micheline Calmy-Rey a dit espérer que la décision suisse sur le secret bancaire permettrait de ne pas aller jusqu'à autoriser un échange automatique des renseignements fiscaux, comme le demande le sénateur UMP français Pierre Hérisson. (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)