ENCADRE Spread France-Allemagne au plus haut depuis avril 2009

mardi 30 novembre 2010 12h03
 

PARIS, 30 novembre (Reuters) - La prime demandée par les investisseurs pour détenir des emprunts français à 10 ans par rapport aux emprunts allemands de même échéance a augmenté mardi matin pour atteindre près de 59 points de base, son plus haut niveau depuis début avril 2009.

L'ensemble des écarts de rendements des emprunts d'Etats des pays de la zone euro par rapport aux Bunds allemands FR10YT=TWEBDE10YT=TWEB ont augmenté, l'annonce d'un plan d'aide de 85 milliards d'euros à l'Irlande dimanche échouant à dissiper les craintes sur le risque de contagion de la crise de la dette. (voir [ID:nLDE6AT0MC])

Le coût des Credit default swaps (CDS) à cinq ans, un instrument d'assurance contre un défaut de paiement de la France, a augmenté pour atteindre 105 points de base, de même que ceux de nombreux pays de la zone, selon Markit. [ID:nLDE6AT0MC] L'écart entre la France et d'autres pays considérés comme les plus stables, hors Allemagne, n'a en revanche pas varié, les spreads France-Pays-Bas NL10YT=TWEB et France-Autriche AT10YT=TWEB restant globalement stables.

Selon des sources de marché, une rumeur a circulé mardi matin sur un éventuel placement de la note souveraine de la France sous surveillance négative par l'agence de notation Standard & Poor's.

S&P n'a pas voulu faire de commentaire et a rappelé que la notation de la dette à long terme française était AAA avec perspective stable. [ID:nLDE6AT0Q2]

Le gouvernement français s'est engagé à réduire à partir de 2011 son déficit public qui a atteint des niveaux record sous l'effet de la crise économique. Il prévoit de le réduire de quelque 7,7% du produit intérieur brut cette année à 6,0% fin 2011, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014.

La dette publique devrait selon lui commencer à baisser en 2013 pour revenir à 86,8% du PIB après un point haut en 2012 à 87,4%.

Des économistes doutent toutefois de la capacité du pays à redresser ses finances publiques dans ces proportions en raison de l'affaiblissement attendu de la croissance économique et de l'entrée dans une séquence électorale dès l'année prochaine, période en générale peu propice à la discipline budgétaire.

(Jean-Baptiste Vey, édité para Dominique Rodriguez)