FEATURE Business et généalogie ne font pas bon ménage en France

dimanche 15 août 2010 11h16
 

par Véronique Tison

PARIS, 15 août (Reuters) - D'ordinaire bien paisible, la communauté des généalogistes français est agitée par une violente polémique qui déborde sur le terrain politique.

Sur le modèle de ce qui se fait aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le site internet genealogie.com, propriété de la PME Notrefamille.com (ALNFA.PA: Cotation), entend réutiliser des données d'archives publiques librement communicables pour les indexer et proposer à ses abonnés des recherches par nom.

Une loi de 1978, complétée en 2005, l'y autorise mais des archivistes et généalogistes dénoncent une marchandisation du patrimoine et craignent une atteinte aux libertés individuelles.

L'affaire est d'autant plus condamnable à leurs yeux que Notrefamille.com a fait appel aux fonds du grand emprunt et compte parmi ses administrateurs Pierre Kosciusko-Morizet, frère de la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique.

Depuis plusieurs années, une soixantaine de départements français a mis en ligne des archives qui intéressent au plus haut point les généalogistes : état civil ancien, recensements de population, registres de conscription militaire notamment.

Mais y retrouver un ancêtre, quand on ne dispose pas de dates précises pour les actes, peut rebuter les non initiés.

Avec son projet d'indexation, Notrefamille.com entend au contraire toucher un large public, pas forcément généalogiste, qui en quelques clics et moyennant un abonnement de quelques euros par mois trouverait des informations nominatives immédiatement disponibles.

De quoi faire décoller enfin le marché payant de la généalogie en France, que Notrefamille.com évalue pour le moment à cinq millions d'euros alors qu'il dépasse les 50 millions d'euros au Royaume-Uni et les 200 millions de dollars aux Etats-Unis.   Suite...