L'Allemagne refuse à Israël un sous-marin et deux autres navires

jeudi 22 juillet 2010 17h23
 

BERLIN, 22 juillet (Reuters) - La chancelière allemande a repoussé un demande israélienne d'acquisition d'un sixième sous-marin, de deux autres bâtiments de guerre et de torpilles à tarifs privilégiés, rapporte mardi la publication américaine Defence News.

Ce refus d'Angela Merkel a été signifié le 7 juillet à une délégation de l'armement israélien en visite à Berlin, mettant un point final à un an de négociations dont Israël espérait obtenir un rabais d'un tiers du coût total de ce marché estimé à 1,6 milliard de dollars.

"L'Allemagne est actuellement aux prises avec un mauvais contexte économique. Nous comprenons qu'ils ne peuvent nous aider, ce qui implique pour nous de procéder à une nouvelle évaluation", a confié à Defence News Udi Sharni, directeur général du ministère israélien de la Défense.

Ulrich Wilhelm, porte-parole du gouvernement allemand, a confirmé la suspension des négociations avec Israël sur le sous-marin, dont l'Etat juif possède trois exemplaires à propulsion diesel de la classe Dauphin, que l'on croit porteurs de missiles nucléaires.

Deux autres submersibles sont en cours de construction aux chantiers Howaldtswerke-Deutsche Werft (HDW) de Kiel et livrables dans le courant de 2012.

Les sous-marins de classe Dolphin coûtent 700 millions de dollars, mais l'Allemagne, en raison de son passé et de ses engagements en faveur de la sécurité d'Israël, en avait livré à l'Etat juif à des conditions avantageuses.

Israël espérait aussi des rabais pour la fourniture de deux corvettes de la classe Meko construites dans les chantiers ThyssenKrupp's (TKAG.DE: Cotation) Blohm+Voss de Hambourg, un filiale de ThyssenKrupp.

Mais, sans vouloir commenter les informations de Defence News, un responsable de la défense israélien a reconnu que la visite de Shari à Berlin avait été décevante.

Il a toutefois déclaré que le dossier n'était pas clos et qu'une "voie moyenne" respectant les soucis économiques de l'Allemagne et les besoins israéliens n'était pas exclue, même si l'Etat juif, lui-même en proie à des difficultés budgétaires, a décidé la semaine dernière de réduire son budget de défense de 5,0% en 2011 et en 2012. (Dan Williams et Dave Graham, Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser)