Paris estime que rien n'est réglé sur le nucléaire avec Téhéran

lundi 17 mai 2010 13h51
 

PARIS, 17 mai (Reuters) - L'accord signé entre l'Iran, la Turquie et le Brésil sur le nucléaire ne résoud pas les problèmes de fond que pose le programme nucléaire de Téhéran, a estimé lundi le ministère français des Affaires étrangères. Aux termes de l'accord annoncé lundi, l'Iran dit avoir accepté de transférer en Turquie 1.200 kg d'uranium faiblement enrichi, soit la majeure partie de son stock connu, en échange de combustible destiné à son réacteur de recherche médicale de Téhéran.

Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, a salué les efforts diplomatiques de la Turquie et du Brésil mais, sur le fond, réservé la réponse de la France sur cet accord.

"Avant de nous prononcer, nous devons examiner le contenu de la réponse", a-t-il expliqué lors d'un point de presse électronique.

"Cependant, ne nous leurrons pas: une solution à la question du (réacteur de recherche), le cas échéant, ne règlerait en rien le problème posé par le programme nucléaire iranien", a-t-il souligné, déplorant les "violations constantes" de ses obligations internationales par l'Iran.

"Le coeur du problème nucléaire iranien, c'est la poursuite des activités d'enrichissement à Natanz, la construction du réacteur à l'eau lourde d'Arak, la dissimulation du site de Qom, les questions des inspecteurs de l'AIEA laissées sans réponse à ce jour", a déclaré le porte-parole.

La Commission européenne et l'Allemagne ont également réagi avec prudence lundi à l'annonce de l'accord avec Téhéran, insistant sur la nécessité d'examiner en détail les modalités de l'accord conclu sous médiation turco-brésilienne. (Voir ID:nLDE64G130)

(Laure Bretton, édité par Yves Clarisse)