Une campagne anti-tabac choc fait débat en France

mardi 23 février 2010 19h10
 

PARIS, 23 février (Reuters) - La ministre de la Santé Roselyne Bachelot et sa collègue de la Famille Nadine Morano ont émis des réserves mardi à propos d'une campagne anti-tabac controversée comparant la cigarette à un acte sexuel contraint.

La campagne commandée par l'organisation Droits des non-fumeurs (DNF) présente des photographies de jeunes gens une cigarette à bouche à genoux devant un homme qui leur pose la main sur la tête, suggérant une fellation non consentie.

Les photographies, volontairement choquantes selon leurs auteurs pour atteindre des jeunes de moins en moins réactifs aux campagnes anti-tabac, s'accompagnent du slogan "Fumer, c'est être esclave du tabac".

Roselyne Bachelot juge "inappropriée" cette campagne imaginée par l'agence BDDP & fils, qui doit durer jusqu'au 31 mai. L'image sera diffusée dans la presse et des lieux fréquentés par les jeunes comme les bars.

"Je comprends que cette campagne puisse choquer parce qu'elle est inappropriée", a déclaré la ministre de la Santé sur RTL.

"On peut avoir des images choc, en particulier en ce qui concerne la santé publique, sans avoir ce type de connotation qui peut abîmer ou gêner. Et peut-être être contreproductive", a-t-elle ajouté.

Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille, a demandé l'arrêt d'une campagne "profondément choquante".

"Il y a d'autres moyens pour expliquer aux jeunes que la cigarette rend dépendant, au moment où on lutte contre la pédopornographie", a-t-elle dit sur RMC.

DNF rappelle pour sa part qu'en matière de cigarette, "les jeunes se montrent insensibles aux arguments santé".   Suite...