Le "scudo" italien donne le blues aux banques suisses
ZURICH, 12 février (Reuters) - L'amnistie fiscale italienne, ou "scudo", a des répercussions non négligeable sur les banques suisses, des sorties de fonds en particulier, et elles doivent adapter leur stratégie.
La banque Sarasin (BSAN.S: Cotation) a annoncé vendredi qu'elle revendait sa filiale tessinoise Sarasin Colombo Gestioni Patrimoniali SA à ses fondateurs, moins de trois ans après l'avoir acquise.
L'acquisition avait été alors motivée par le désir de "renforcer sa position de marché en Italie", comme l'explique dans un communiqué la banque bâloise contrôlée par le néerlandais Rabobank [RABN.UL].
L'établissement reconnaît que les derniers développements le poussent à trouver de nouvelles opportunités dans le pays transalpin. Le prix de la transaction n'a pas été dévoilé.
Benedikt Gratzl, porte-parole de l'établissement, n'a pas voulu détailler le montant des actifs gérés. Interrogé sur le remianiement stratégique, il a expliqué à Reuters que "différentes options sont à l'étude mais nous ne pouvons donner plus de précisions".
"La décision a été prise avec les changements dans le secret bancaire et les nouvelles réglementations de l'OCDE, elle n'est pas due spécifiquement à l'amnistie fiscale italienne", a-t-il déclaré.
Il s'agit d'un nouveau coup dur pour la place financière de Lugano et le Tessin en général, qui s'étaient spécialisés dans les services financiers destinés à de riches clients italiens.
Le canton italophone, qui affronte sa troisième aministie fiscale italienne en moins d'une décennie, a été explicitement visé par le ministre italien de l'Economie Giulio Tremonti, qui n'avait pas hésité à faire renforcer la surveillance fiscale aux frontières et à ordonner en octobre des raids contre les banques suisses établies dans la péninsule.
L'amnistie fiscale italienne, qui a déjà provoqué le rapatriement de 95 milliards d'euros, a été prolongée jusqu'en avril. Suite...

