ENCADRE La Cour des comptes et la dérive des coûts de l'armement
PARIS, 9 février (Reuters) - La dérive des coûts des programmes d'armement, qui constituent le premier budget d'investissement de l'Etat français, est dénoncée par la Cour des comptes dans son rapport annuel.
L'avion de combat Rafale de Dassault Aviation (AVMD.PA: Cotation), que la France tente vainement de vendre à l'étranger, coûte aujourd'hui 142 millions d'euros pièce contre 122 prévus initialement, soit une augmentation de 16%.
La hausse est de 78% pour l'hélicoptère Tigre (73 millions pièce au lieu de 41), de 58% pour les sous-marins nucléaires (4,3 milliards d'euros contre 2,7), de 32% pour les frégates FREMM (710 millions contre 535), de 28% pour les chars VBCI (4,5 millions contre 3,5).
Seul le sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda a été produit presque aux coûts prévus (1,45 milliard d'euros pièce).
L'Etat résoud ces surcoûts en réduisant le volume de la commande en cours de route, remarque la Cour, mais cela nuit à l'efficacité des matériels, d'autant que les livraisons prennent systématiquement du retard.
"Par rapport aux objectifs initialement retenus, les programmes d'armement considérés ont été tous affectés dans leur réalisation par des dérapages temporels et des dérives financières conduisant in fine à doter les armées plus tardivement de matériels moins nombreux", écrit la Cour.
Les programmes d'armement militaire constituent la plus lourde charge du budget de l'Etat français, et pour longtemps, rappelle-t-elle. Les 44 principaux programmes en cours en 2009 représentent un engagement financier de 135,5 milliards d'euros. (Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser)
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