Espoirs déçus pour un gel microbicide dans la prévention du VIH
LONDRES, 14 décembre (Reuters) - Un gel vaginal microbicide visant à prévenir l'infection par le VIH s'est révélé inefficace à l'occasion d'un vaste essai clinique conduit en Afrique, annonce lundi le Medical Research Council (MRC) britannique.
Les microbicides constituent l'une des pistes explorées par les chercheurs dans le domaine de la prévention des nouvelles infections par le VIH mais jusqu'à présent aucun de ces produits n'a fait preuve de son efficacité dans la prévention de la transmission du virus du sida.
L'essai clinique financé par le MRC, conduit entre septembre 2005 et septembre 2009, a porté sur plus de 9.000 femmes dans quatre pays africains, ce qui en fait la plus vaste étude jamais réalisée sur un gel microbicide.
Les participantes, qui devaient utiliser ce produit avant d'avoir des rapports sexuels, ont bénéficié de conseils de prévention et reçu des préservatifs gratuits.
Les données recueillies à cette occasion mettent en évidence que le gel Pro 2000, fabriqué par le laboratoire américain Endo Pharmaceuticals (ENDP.O: Cotation), ne modifie pas significativement le risque de contamination par le VIH des femmes par rapport à un gel placebo.
"Ces résultats sont décourageants, d'autant plus au regard des conclusions d'un essai à plus petite échelle financé par les National Institutes of Health américains, qui avaient suggéré que le Pro 2000 pourrait réduire de 30% le risque d'infection par le VIH", dit dans un communiqué Sheena McCormack, du MRC, qui a conduit cette étude.
"Nous savons cependant qu'il s'agit d'un résultat important, qui démontre clairement la nécessité d'entreprendre des essais portant sur des populations suffisamment importantes pour permettre d'obtenir des preuves incontestables de l'efficacité ou l'inefficacité d'un produit", précise la chercheuse.
"L'essai lui-même a été parfaitement conçu et mis en oeuvre donc nous savons que ces résultats sont définitifs", estime Jonathan Weber, du Microbicides Development Programme (MDP), alliance à but non lucratif africano-européenne d'organismes de recherche, sous l'égide de laquelle a été mené cet essai.
Les chercheurs doivent "continuer à rechercher de nouveaux moyens de prévenir (la transmission du) VIH", insiste-t-il. "Maintenant que nous savons que ce microbicide n'est pas la réponse" dans la lutte contre l'épidémie, "nous pouvons nous concentrer sur d'autres traitements potentiels".
En 2008, 33,4 millions de personnes dans le monde étaient séropositives selon l'Onusida, qui a recensé la même année deux millions de décès liés au sida. (Kate Kelland, version française Myriam Rivet)
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