Berlin accélère le processus de nationalisation d'Hypo Real

vendredi 13 février 2009 17h34
 

BERLIN, 13 février (Reuters) - Le gouvernement allemand se réunira mercredi pour discuter d'un projet de loi permettant la nationalisation d'Hypo Real Estate HRXG.DE, a déclaré un porte-parole gouvernemental vendredi.

Berlin veut que les banques allemandes puissent se délester de leurs actifs toxiques en les cantonnant dans des structures de cantonnement, avec au-delà l'idée d'une possible nationalisation d'Hypo Real.

La chancelière Angela Merkel, qui ne veut d'une nationalisation qu'en tout dernier recours, et plusieurs ministres ont tenté vendredi d'avancer sur ce projet avant d'en finaliser les détails la semaine prochaine.

"Nous progressons bien... Il y a accord sur de nombreux points", a dit le porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm, lors d'une conférence de presse.

Hypo Real a déjà bénéficié l'an passé d'un plan de sauvetage monté par le gouvernement et par des banques et représentant 50 milliards d'euros de crédits assortis de garanties de l'Etat.

Mais un autre gros problème est l'investisseur américain J.C. Flowers qui détient près de 24% du capital d'Hypo Real. Il avait acheté cette participation pour 22,50 euros par action mais l'action Hypo ne vaut plus que 1,25 euro environ.

Berlin et J.C. Flowers discutent mais pour l'instant il n'en est rien sorti, a dit un porte-parole du ministère des Finances. "Il n'y a pas eu la moindre discussion sur le prix, au cas où nous voudrions vendre nos actions", a dit de son côté un porte-parole de Flowers.

Hypo publiera ses résultats de 2008 à la fin mars et les analystes tablent sur des pertes si élevées que l'établissement risque de devoir se recapitaliser.

Un parlementaire a dit à Reuters qu'Hypo Real tenterait de convoquer rapidement une AGE pour plaider la cause d'une augmentation de capital qui serait réservée à l'Etat.

Quant à la question des actifs toxiques des banques, Berlin exclut une "bad bank" centralisée mais il est probable qu'il posera la semaine prochaine les bases de "bad banks" individuelles.

(Paul Carrel, Kerstin Gehmlich et Matthias Sobolewski, version française Wilfrid Exbrayat)