Gouvernance - Pour Köhler, Berlin aurait dû plus écouter Paris

lundi 13 juillet 2009 20h03
 

PARIS, 13 juillet (Reuters) - Le président allemand Horst Köhler a plaidé lundi pour plus de coordination économique en Europe, lors d'un entretien avec Nicolas Sarkozy, a-t-on appris auprès de la présidence de la République française.

Horst Köhler, dont le rôle est principalement honorifique, est à Paris pour assister, à la droite du président français, au défilé militaire du 14 juillet sur les Champs Elysées.

Celui-ci coïncide cette année avec le 20e anniversaire de la création de la brigade franco-allemande. Y participeront des soldats allemands appartenant à des unités de la brigade qui vont s'installer en France.

Selon l'entourage de Nicolas Sarkozy, l'entretien a surtout porté sur les dossiers économiques et l'Europe.

Membre de la CDU comme la chancelière Angela Merkel, ancien négociateur du volet économique et monétaire du traité européen de Maastricht et ex-patron du Fonds monétaire international et de la Banque européenne de développement, Horst Köhler a dit partager l'avis du président français sur la nécessité d'une plus grande coordination économique, a-t-on précisé de même source.

"Une véritable politique économique européenne est nécessaire", a dit le président allemand, selon un conseiller de Nicolas Sarkozy. "Face à l'expérience réussie de l'euro, je suis convaincu que nous aurions dû vous écouter davantage, vous les Français, sur la coordination économique."

Il a estimé que la tourmente économique actuelle faisait ressortir la contradiction entre une monnaie unique et des politiques insuffisamment harmonisées, et il a déploré que toute la mesure des conséquences de la crise n'ait pas été prise.

"Il dit que ça pose un problème par rapport à l'euro lui-même", rapporte-t-on de même source à l'Elysée.

Nicolas Sarkozy a pour sa part de nouveau insisté pour que la France et l'Allemagne se mettent d'accord pour forcer les Européens à faire des choix.

Il a déploré qu'il n'y ait "pas assez d'autorité en Europe" et a dit vouloir "une Europe qui assume, une europe forte, une Europe qui montre le chemin", a précisé son entourage. (Emmanuel Jarry)