Axa-L'investissement en actions du groupe va descendre vers 3%

mercredi 10 juin 2009 18h24
 

PARIS, 10 juin (Reuters) - Axa (AXAF.PA: Cotation), qui a déjà fortement réduit ses investissements en actions, pourrait encore les diminuer compte tenu des contraintes induites par les réglementations comptables et prudentielles, a déclaré mercredi le président du groupe d'assurance.

"Aujourd'hui, les actions représentent 5% de nos investissements et nous allons vers 3%, contre 20% en 2000, car le cadre réglementaire nous oblige à mesurer la volatilité des marchés sur des horizons courts, alors que nous avons des horizons d'investissement longs", a dit Henri de Castries lors d'une audition à l'Assemblée nationale sur les nouvelles régulations de l'économie.

Le président d'Axa a réaffirmé devant des parlementaires que les régles comptables (de mise en valeur de marché des actifs) et de ratios prudentiels (solvabilité) avaient incité les grands investisseurs institutionnels à vendre leurs actifs dans des marchés baissiers, alimentant ainsi l'effondrement des marchés.

Il s'est cependant félicité que "grâce à la présidence française de l'Union européenne", certains "amortisseurs" aient été obtenus".

Mardi, à l'issue de la réunion du conseil Ecofin, les ministres français et allemand des Finances ont annoncé que la règle comptable de la "fair value" serait assouplie et modifiée d'ici la fin de l'année, avec un effet rétroactif sur l'exercice 2009.

Henri de Castries s'est également dit favorable aux propositions du rapport Deletré qui préconise la fusion des autorités de contrôle des secteurs bancaire (Commission bancaire) et de l'assurance (Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles) au sein d'une même entité.

"Nous sommes pour. Mais notre véritable souci, c'est d'avoir des régulateurs forts, ayant des connaissances des marchés qui soient plus fortes", a-t-il affirmé, estimant que les moyens mis à la disposition des régulateurs risquaient de ne pas suivre la complexité grandissante des sujets à traiter.

Pour cette raison, le président d'Axa a dit souhaiter qu'un autorité unique intègre un collège spécifique dédié à l'assurance.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)