France-Le rendement de l'assurance-vie doit encore baisser-BdF

vendredi 14 octobre 2016 15h00
 

PARIS, 14 octobre (Reuters) - Les taux de rendements des contrats d'assurance-vie n'ont pas encore été suffisamment diminués au regard du contexte de taux bas persistants, a estimé vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Les taux de rémunération des contrats d'assurance-vie ont été réduits en moyenne de 25 points de base en 2015 par rapport à l'année précédente, a constaté le gouverneur de la banque centrale française, qui s'exprimait à Paris lors d'une conférence organisée par la Fédération française de l'assurance (FFA).

"Cependant, cette baisse reste encore insuffisante", a-t-il poursuivi en rappelant que le recul du rendement des OAT 10 ans avait atteint 80 points de base sur la même période.

François Villeroy de Galhau a donc une nouvelle fois appelé les assureurs "à faire preuve de modération et de réalisme dans la fixation des taux de rendement de leurs contrats d'assurance-vie en euros servis au titre de l'année 2016".

Le décalage entre les taux de marchés et les taux servis aux titulaires de contrats d'assurance-vie a fait l'objet de mises en garde répétées de la part du gouverneur de la Banque de France, ainsi que du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), dont il est l'un des membres.

En début d'année, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avait aussi invité les assureurs à mieux appréhender les risques de remontée brutale des taux dans leur stratégie d'investissement et de placement.

François Villeroy de Galhau a également une nouvelle fois défendu le renforcement des pouvoirs du HCSF prévu par le projet de loi "Sapin II", qui a été adopté en deuxième lecture par l'Assemblée nationale fin septembre.

Un amendement introduit avant l'été prévoit que cette instance puisse, sur proposition du gouverneur de la Banque de France et après avis du collège de supervision de l'Autorité de l'ACPR, "suspendre, retarder ou limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat, la faculté d'arbitrages ou le versement d'avances sur contrat".

Cette disposition, qui limiterait ainsi les rachats et arbitrages des particuliers détenteurs d'un contrat d'assurance-vie, a notamment été critiquée par l'Association française d'épargne et de retraite (Afer).

Jugeant "inutile" et "contre-productive" la polémique sur ce sujet, François Villeroy de Galhau a souligné que "l'unique objectif de cette mesure (était) de pouvoir protéger l'épargne des Français, en cas de circonstances graves et exceptionnelles menaçant la stabilité financière." (Myriam Rivet, édité par Matthieu Protard)