Pas de "deuxième Sivens" à Notre-Dame-des-Landes, dit Royal

jeudi 13 octobre 2016 08h49
 

PARIS, 13 octobre (Reuters) - Ségolène Royal a appelé jeudi à éviter un "deuxième Sivens" à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) où l'évacuation programmée des opposants au projet d'aéroport dit du Grand Ouest cristallise les tensions et s'annonce comme l'un des dossiers épineux de la fin du quinquennat de François Hollande.

Le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé dans une interview publiée dans le quotidien Ouest-France daté de mercredi l'intention du gouvernement de procéder à l'évacuation de ce site cet automne malgré la mobilisation de dizaines de milliers d'opposants ce week-end.

"Ce n'est pas mon avis", a dit la ministre de l'Ecologie sur France 2. "La situation est tellement bloquée aujourd'hui que ce serait faire prendre un grand risque, non seulement aux forces de l'ordre (...) mais aussi à ceux qui occupent illégalement ce site".

"Il y a déjà eu un mort à Sivens au cours d'une évacuation. Moi, je ne veux pas connaître ça deux fois dans notre pays", a-t-elle ajouté, en référence à la mort du manifestant Rémi Fraisse lors d'affrontements sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn) en octobre 2014.

"On ne va pas faire prendre des risques (aux forces de l'ordre, NDLR) pour un ouvrage qui n'est plus adapté ni à la situation ni aux règles en vigueur", a-t-elle poursuivi.

Le projet, dont les opposants mettent en doute la pertinence, a recueilli 55% de voix favorables lors d'une consultation locale organisée en juin dernier pour tenter de déminer une crise qui dure depuis plus cinquante ans. Un projet d'aéroport dans ce secteur est envisagé depuis 1963.

Une première tentative d'évacuation du site de 1.600 hectares situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes avait échoué en 2012.

Selon le livre "Un président ne devrait pas dire ça...", François Hollande aurait émis en 2014 et 2015 des doutes sur l'opportunité de construire cet aéroport.

Interrogé à ce sujet mercredi, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a souligné qu'il fallait replacer les déclarations du chef de l'Etat dans le contexte de l'époque . (Marine Pennetier, édité par Danielle Rouquié)