France-La réforme des retraites occasionnera aussi des surcoûts

mercredi 12 octobre 2016 17h43
 

PARIS, 12 octobre (Reuters) - Le recul de 60 à 62 ans de l'âge légal de la retraite occasionnera des surcoûts allant jusqu'à 2,1 milliards d'euros par an sous la forme de suppléments de pensions d'invalidité et de minima sociaux, selon la direction des études (Drees) du ministère des Affaires sociales.

Ces surcoûts indirects sont à mettre en regard de l'effet direct de la réforme des retraites de 2010 qui se traduira par des économies de l'ordre de 14 milliards d'euros à partir de l'an prochain grâce à la diminution du nombre de pensions de retraite de droit direct versées, souligne-t-elle.

Dans une étude réalisée pour le compte du Conseil d'orientation des retraites publiées mercredi, la Drees relève que près d'une personne sur trois n'est ni en emploi ni en retraite aux alentours de 60 ans.

La majorité d'entre elles sont dans une situation de chômage ou d'invalidité, qui touche une part importante de la population aux âges proches de la retraite.

D'autres sont couvertes par un minimum social ou ne touchent aucun revenu personnel.

Avec le recul de l'âge légal de départ à la retraite, qui deviendra pleinement effectif fin 2017, les économistes du ministère des Affaires sociales estiment que le nombre des invalides augmentera de 20% à 25% - soit entre 125.000 et 150.000 pensions supplémentaires -, occasionnant un surcoût annuel d'environ 1,2 à 1,5 milliard d'euros pour les régimes gestionnaires des pensions d'invalidité.

Parallèlement, environ 80.000 personnes de plus - soit 5% de la classe d'âge - seraient allocataires de l'un des trois principaux minima sociaux en termes d'effectifs, pour un supplément d'allocations versées de l'ordre de 600 millions d'euros par an.

Les dispositifs en question sont le RSA (Revenu de solidarité active) socle, l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et l'allocation de solidarité spécifique (ASS).

La Drees souligne que les chiffrages sur les gains et les coûts de la réforme contenus dans son étude sont "partiels", ne tenant pas compte des surcoûts en termes d'allocations de chômage versées entre 60 et 62 ans, ni, à l'inverse, des gains pour les finances publiques en termes d'impôt sur le revenu et de CSG.   Suite...