France-L'Assemblée entame l'examen d'un budget 2017 contesté

mardi 18 octobre 2016 11h08
 

* Doutes sur l'objectif public du dernier budget du quinquennat

* Débat parlementaire sur fond de campagne électorale

* Officialisation du prélèvement à la source

PARIS, 18 octobre (Reuters) - Les députés entament mardi l'examen du dernier projet de loi de finances (PLF) du quinquennat de François Hollande, sur fond de doutes sur la capacité du gouvernement à concilier discipline budgétaire et gestes pour les ménages au terme d'un mandat dont les débuts ont été marqués par un "ras-le-bol" fiscal.

A six mois du premier tour de la présidentielle, la discussion du projet de budget pour 2017 devrait se dérouler sur un air de campagne, le texte étant voué à faire l'objet d'une loi de finances rectificative après les élections présidentielle et législatives du printemps, quelle que soit la majorité.

Le ton du débat, centré sur la capacité de la France à respecter ses engagements européens sur la réduction du déficit public sous le seuil de 3% du PIB fin 2017, a été donné par la majorité et l'opposition depuis la présentation de ce texte fin septembre.

Face au ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin et au secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, qui défendent un budget "sérieux" et "responsable", le président de la commission des Finances de l'Assemblée Gilles Carrez, du parti Les Républicains (LR), évoque "un festival de tours de passe-passe et d'astuces de comptabilité", avec des recettes surestimées et des dépenses sous-estimées.

Alors que certains candidats à la primaire de la droite, comme François Fillon ou Nicolas Sarkozy, ont affiché leur intention de s'affranchir de l'engagement à contenir le déficit public sous la limite européenne des 3%, l'exécutif a de son côté dénoncé des attitudes "irresponsables".

Au-delà des critiques de la droite, l'objectif gouvernemental d'un déficit public à 2,7% du PIB fin 2017 fait également l'objet de réserves du Haut conseil des finances publiques (HCFP) et des économistes, qui jugent trop optimiste le scénario de croissance retenu.   Suite...