USA-La police a utilisé Twitter et Facebook pour traquer des manifestants

mercredi 12 octobre 2016 06h18
 

SAN FRANCISCO, 12 octobre (Reuters) - Les services de police américains ont utilisé des données en matière de localisation et autres informations relatives à des utilisateurs de comptes Twitter, Facebook et Instagram pour traquer des manifestants à Ferguson, dans l'Etat du Missouri, et à Baltimore, selon un rapport publié mardi par l'Union américaine pour les libertés civiques (ACLU).

En réaction à ces conclusions de l'ACLU, Facebook, le propriétaire d'Instagram, et Twitter, ont interdit l'accès à leurs données à Geofeedia, le revendeur de données basé à Chicago qui a fourni les éléments à la police.

Le rapport de l'ACLU intervient dans un contexte d'inquiétudes croissantes concernant aussi bien la manière dont les données en ligne sont utilisées que le degré de coopération entre les géants de la technologie et le gouvernement en matière de surveillance.

"Ces accords particuliers en matière de données ont permis à la police de rentrer par une porte dérobée et d'utiliser ces puissantes plate-formes pour traquer les manifestants", a déclaré Nicole Ozer, chargé de la politique en matière de technologies et des libertés civiles au sein de l'ACLU.

Dans le rapport de cette organisation, il est précisé que, pas plus tard que juillet, Geofeedia avait mis en avant son outil de surveillance des réseaux sociaux comme un moyen de surveiller les manifestations.

Baltimore, ville de quelque 620.000 habitants où la population noire est majoritaire, avait été sécouée par des violentes émeutes en avril 2015 après la mort l'an dernier d'un homme noir, Freddie Gray, du fait de blessures subies après son interpellation.

Dans un courrier électronique d'octobre 2015, un employé de Geofeedia se félicite d'une "grande réussite" en matière de couvertures des manifestations survenues en 2014 à Ferguson, dans la banlieue de St. Louis, après la mort d'un adolescent noir tué par un policer blanc.

Facebook et Instagram ont mis un terme à l'accès à Geofeedia le 19 septembre, souligne ACLU. Twitter a pour sa part dit "qu'il suspendait avec effet immédiat l'accès de Geofeedia aux données Twitter", à la suite du rapport de l'ACLU. (Kristina Cooke, Benoît Van Overstraeten pour le service français)