30 septembre 2016 / 12:07 / dans un an

ENQUÊTE-Les gérants privilégient l'obligataire nippon et zone euro

* Données détaillées de l‘enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/asset-allocation-polls

par Claire Milhench

LONDRES, 30 septembre (Reuters) - Les gérants de fonds ont porté leur exposition aux obligations japonaises à son plus haut niveau depuis quatre ans au mois de septembre et augmenté leurs positions en titres de dette de la zone euro, ignorant la correction sur les marchés de taux et exprimant leur confiance dans la poursuite par les banques centrales de leurs programmes d‘achats d‘actifs.

L‘enquête mensuelle de Reuters sur les allocations d‘actifs menée auprès de 45 sociétés de gestion internationales montre que la pondération des obligations japonaises à 15,9% dans les portefeuilles internationaux diversifiés, au plus haut depuis juin 2012.

L‘enquête, réalisée entre le 15 et le 28 septembre, fait aussi apparaître un renforcement du poids des titres de dette de la zone euro dans les portefeuilles, à 27,9%, soit au plus haut depuis le mois de février.

Les marchés obligataires ont pourtant connu une correction ce mois-ci, le rendement des emprunts d‘Etat à 30 ans japonais atteignant un plus haut de six mois, celui des emprunts d‘Etat à 10 ans américains touchant un plus haut de trois mois et les taux à 10 ans allemands repassant en territoire positif, là encore pour la première fois en trois mois.

“Les grandes banques centrales, et au premier chef la Banque du Japon, ont dit clairement qu‘elles ne remettaient pas en cause leurs programmes d‘achats d‘actifs et restaient désireuses de soutenir le marché pendant une période plus longue”, a souligné Jan Bopp, en charge de l‘allocation d‘actifs chez Bank J Safra Sarasin.

Près des trois quarts des responsables de stratégie interrogés qui ont répondu à une question sur la correction obligataire ont d‘ailleurs dit ne pas s‘attendre à de nouveaux dégagements massifs sur les trois principaux marchés de taux longs d‘ici la fin de l‘année.

LE POIDS DES ACTIONS VARIE PEU

Pour Raphaël Gallardo, de Natixis Asset Management, l‘absence de perspective d‘accélération de la croissance mondiale signifie que les banques centrales empêcheront qu‘un nouveau mouvement vendeur sur l‘obligataire vienne menacer une reprise toujours fragile.

L‘exposition au marché obligataire américain a toutefois été réduite à 36,3%, au plus bas depuis mai, sur fond de débats, y compris au sein de la Réserve fédérale américaine, sur la poursuite de la remontée des taux directeurs.

Les gérants n‘ont guère modifié le poids relatif des actions et des obligations dans leurs portefeuilles, la pondération des premières demeurant à 44% et celle des secondes restant stable à 41,3%, un plus haut d‘au moins cinq ans.

Les investisseurs interrogés ont toutefois souligné les risques pesant sur les marchés actions.

“La volatilité tend à s‘accroître en automne”, a rappelé Trevor Greetham, responsable de la gestion diversifiée de Royal London Asset Management.

“L‘élection présidentielle américaine, l‘éventualité d‘indicateurs économiques décevants et les tensions politiques en Europe figurent parmi les facteurs de risque à court terme”, a-t-il ajouté.

La part des actions américaines dans les “poches” actions des portefeuilles diversifiés a augmenté à 41% contre 38,5% le mois précédent, au plus haut depuis un peu plus d‘un an.

Celle des actions de la zone euro et du Japon ont respectivement reculé à 17,7% et 17%.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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