BoJ-Le nouveau cap monétaire ne fait pas l'unanimité

vendredi 30 septembre 2016 08h23
 

par Leika Kihara

TOKYO, 30 septembre (Reuters) - La refonte du programme d'assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) de la Banque du Japon (BoJ) a donné lieu à des discussions enflammées au sein de la banque centrale, montre un résumé des opinions exprimées lors de la réunion de politique monétaire de ce mois-ci.

La Banque du Japon a annoncé la semaine dernière l'adoption d'un objectif de taux à long terme, bouleversant ainsi le cadre de sa politique monétaire pour mettre l'accent davantage sur les taux que sur les rachats d'actifs, tout en réaffirmant son ambition d'atteindre le plus vite possible une inflation à 2%.

Les partisans d'un objectif défini pour le rendement de l'emprunt d'Etat à 10 ans ont vanté la souplesse nouvelle qu'apporterait ce choix par rapport à un objectif de volume de rachats d'emprunts.

Mais un autre membre de la BoJ, sans doute l'un des deux qui ont objecté au nouveau cap pris par l'institut d'émission, a dit qu'il n'était pas sûr que la politique de contrôle de la courbe des rendements permettrait à la BoJ de réduire ses rachats d'actifs massifs, que d'aucuns jugent intenables.

"Au contraire, il y aurait un risque que la banque doive accélérer le rythme des rachats obligataires pour répliquer à une hausse marquée des taux d'intérêts longs", a dit ce responsable, cité dans le compte rendu.

L'un des membres de la BoJ qui avait voté favorablement soulignait toutefois que l'objectif de rendement risquait d'entraver l'intermédiation financière en entraînant les taux longs dans le négatif pendant une période prolongée.

"La BoJ n'a pas l'intention de maintenir le rendement à 10 ans à ce niveau pendant longtemps", a déclaré l'un des responsables, ajoutant que l'objectif, actuellement autour de 0%, serait réexaminé lors de chaque réunion de politique moéntaire.

Le gouverneur Haruhiko Kuroda a dit que la banque centrale était prête à intensifier son programme d'assouplissement monétaire si nécessaire pour atteindre l'objectif d'une inflation de 2%.

"Si cela est jugé nécessaire pour atteindre l'objectif de stabilité des prix de 2%, la BoJ doit se montrer souple, jusqu'à modifier le cadre de sa politique", a déclaré l'un des responsables, sans doute Kuroda ou l'un de ses partisans.

D'autres membres de la BoJ se sont montrés sceptiques sur ce point, estimant qu'il revenait au gouvernement de s'engager plus résolument pour développer le potentiel de croissance du Japon. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey)