John Cryan, le patron de Deutsche Bank, monte au créneau

mercredi 28 septembre 2016 07h54
 

FRANCFORT, 28 septembre (Reuters) - John Cryan, le président du directoire de Deutsche Bank, a lui-même démenti les informations voulant que la banque ait sollicité l'aide du gouvernement allemand face à la menace d'une amende de 14 milliards de dollars (12,5 milliards d'euros) de la justice américaine, informations qui avaient fait chuter l'action à un plus bas record de 10,62 euros lundi.

"Je n'ai à aucun moment demandé de l'aide à la chancelière et je n'en ai pas davantage évoqué l'idée", déclare-t-il, dans un entretien publié par Bild.

Formuler une telle requête serait "hors de question pour nous", poursuit Cryan, ajoutant qu'il lui semble incompréhensible que quelqu'un puisse avoir une telle idée.

Le magazine allemand Focus avait rapporté le week-end dernier qu'Angela Merkel avait rencontré John Cryan cet été et lui avait fait savoir qu'il ne pouvait pas attendre d'aide de Berlin pour régler ses problèmes avec le département de la Justice des Etats-Unis (DoJ). La chancelière avait également exclu toute aide publique à Deutsche Bank, ajoutait Focus, citant des sources du gouvernement.

La première banque allemande avait déjà réagi aux informations de Focus lundi en affirmant qu'elle ne sollicitait aucune aide de la part de Berlin et qu'elle comptait régler ses problèmes par elle-même.

John Cryan exclut pareillement, dans l'entretien du Bild, de procéder à une augmentation de capital, observant que le bilan de l'établissement "recèle moins de risques qu'auparavant" et qu'il jouit d'une bonne liquidité.

La banque avait elle-même rejeté cette éventualité lundi.

La requête du DoJ cause des soucis, poursuit John Cryan, ajoutant: "Encore qu'il était évident depuis le début que nous ne paierions pas cette somme".

Il dit aussi qu'il attend de la part du DoJ "qu'il nous traite avec autant d'équité que les banques américaines qui ont déjà conclu un compromis".

John Cryan déclare enfin que la restructuration de la banque progresse bien et que l'objectif de supprimer 9.000 postes dans ce cadre est en vue. (Tina Bellon, Wilfrid Exbrayat pour le service français)