Deux cadres LVMH en garde à vue dans l'affaire des ex-policiers

mardi 27 septembre 2016 13h39
 

PARIS, 27 septembre (Reuters) - Deux cadres de la sécurité du groupe LVMH ont été placés en garde à vue dans l'enquête pour trafic d'influence dans laquelle deux anciens grands noms de la police sont entendus depuis lundi par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), a-t-on appris de source proche du dossier.

L'un d'eux est un ancien magistrat en charge de la sécurité du groupe de luxe, précise Le Monde, qui a révélé l'information. Une perquisition a été effectuée mardi à son domicile, ajoute une source policière.

Selon le quotidien, un ancien policier des renseignements généraux, spécialiste des questions corses, aujourd'hui en poste à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), est également en garde à vue.

Parallèlement, la garde à vue de l'ancien directeur du renseignement intérieur Bernard Squarcini et de l'ex-patron de la police judiciaire parisienne Christian Flaesch, entamée lundi, a été prolongée, a précisé la source proche du dossier.

Michel Gaudin, ancien directeur général de la police nationale, a été par ailleurs entendu lundi en audition libre.

Ces auditions sont menées dans une enquête ouverte en marge de l'information judiciaire sur les accusations de financement, par la Libye, de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, ont indiqué ces sources. Michel Gaudin est son actuel directeur de cabinet, et Bernard Squarcini est un ancien proche.

Les domiciles de Christian Flaesch et Michel Gaudin ont été perquisitionnés, et celui de Bernard Squarcini l'avait été en avril, ainsi que ses bureaux, selon des sources policière et proche du dossier.

Christian Flaesch a été limogé de son poste de directeur de la police judiciaire fin 2013 après avoir fait l'objet d'une mise en garde du parquet général en raison d'un appel à Brice Hortefeux pour le prévenir d'une convocation comme témoin dans l'enquête sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Mais sa garde à vue n'est pas liée à cette affaire, assurent les sources.

En disponibilité de la police nationale, Christian Flaesch assure depuis septembre 2014 la responsabilité de chef de la sécurité du groupe hôtelier Accor, selon RTL.

En juin dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant Bernard Squarcini pour des soupçons de trafic d'influence liés à ses activités de consultant. La justice le soupçonne d'avoir mis ses réseaux au sein de la police au service de son cabinet Kyrnos, fondé en 2013 après son départ de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur. (Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse)