LEAD 1-Zone euro-La BCE s'inquiète des risques de déstabilisation

lundi 26 septembre 2016 18h31
 

(Actualisé en associant Draghi et Coeuré)

FRANCFORT, 26 septembre (Reuters) - Les déséquilibres économiques au sein de la zone euro risquent de la déstabiliser, ont prévenu lundi deux dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE) en soulignant la responsabilité des gouvernement pour soutenir la croissance dans le respect des règles en vigueur de l'union monétaire.

Le président de la BCE Mario Draghi et Benoît Coeuré, qui siège au directoire de l'instution, ont reconnu que la politique monétaire ultra-accommodante de taux d'intérêt très bas et d'achats massifs d'actifs présentait des limites.

"Dans notre Union économique et monétaire, en particulier, le cadre de gouvernance économique est essentiel pour éviter des déséquilibres qui pourraient éventuellement risquer de déstabiliser la zone euro", a déclaré Draghi devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen à Bruxelles.

"Et pour que la zone euro prospère, des actions des gouvernements nationaux sont nécessaires pour libérer la croissance, réduire le chômage et responsabiliser les individus tout en offrant les protections indispensables pour les plus vulnérables."

Draghi a appelé à de nombreuses reprises les pays qui disposent de marges de manoeuvre budgétaire à les utiliser, sans grand succès toutefois auprès de l'Allemagne qui présente les excédents budgétaires les plus importants au sein de la zone euro mais n'entend pas renoncer à sa politique de rigueur.

De son côté, Benoît Coeuré a prévenu lors d'une intervention à Rome, que si les gouvernements ne jouaient pas leur rôle dans le soutien à la reprise, la zone euro risquait de connaître une longue période de croissance et de taux d'intérêt faibles.

"Passer d'une situation où les taux d'intérêt sont 'bas pour longtemps' à une situation où ils seraient 'bas pour toujours' limiterait drastiquement la marge de manoeuvre des instruments de politique monétaire conventionnelle, mais de manière plus inquiétante encore, cela menacerait le contrat entre les générations et fracturerait notre modèle social", a-t-il dit.

Confrontée à une inflation toujours proche de zéro et à une croissance sans ressort, la BCE étudie ses options pour prolonger son programme de rachats d'actifs qui doit s'arrêter en mars 2017 en principe.   Suite...