September 5, 2016 / 3:12 PM / a year ago

GRAPHES -Moins de paris à la baisse du sterling, l'effet Brexit s'estompe

5 MINUTES DE LECTURE

* Forts rebonds de la livre après des spéculations baissières:

* tmsnrt.rs/2bXR7mB

* Les positions courtes se réduisent: tmsnrt.rs/2c8SiTC

* Les craintes de récession imminente dissipées

par Jamie McGeever et Anirban Nag

LONDRES, 5 septembre (Reuters) - Les intervenants sur le marché des changes ont réduit leurs positions à la baisse sur la livre sterling après une succession d'indicateurs conjoncturels montrant que l'économie britannique avait résisté jusqu'à présent au choc du vote du 23 juin en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

La livre a commencé à remonter après avoir perdu plus de 10% de sa valeur avec le référendum pour un Brexit, les enquêtes sur le climat des affaires, les données sur les ventes au détail, les achats d'automobiles, les exportations, la construction ou les prix de l'immobilier montrant la bonne tenue de la conjoncture au cours de l'été.

La résistance de l'économie britannique, qui a pris les économistes de court et défié une Banque d'Angleterre qui s'était préparée au pire, a aussi déstabilisé des intervenants du marché des changes qui avaient constitué des positions vendeuses record sur la livre dans la perspective d'une poursuite de sa baisse.

Les positions vendeuses nettes sur le sterling ont diminué la semaine dernière pour la première fois en neuf semaines sur le Chicago Mercantile Exchange, selon les données de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).

Le recul est certes limité avec une position vendeuse nette portant sur 92.486 contrats d'une valeur nominale de 8.000 milliards de dollars contre un record à 94.978 contrats la semaine précédente.

Mais, au vu des épisodes de spéculation à la baisse de la livre au cours des vingt dernières années, le rebond du sterling n'est pas terminé et les positions courtes peuvent connaître un débouclement rapide et de forte ampleur.

Graphique sur les rebonds de la livre après des spéculations baissières : tmsnrt.rs/2bXR7mB

Les positions courtes se réduisent: tmsnrt.rs/2c8SiTC

"Les anticipations de récession en Grande-Bretagne se dissipent et des interrogations se font jour sur le point de savoir si la Banque d'Angleterre a été trop agressive dans l'assouplissement (de la politique monétaire)", a dit Manuel Oliveri, stratégiste changes du Crédit Agricole.

"Nous expliquons à nos clients qu'il y a un risque lié à la clôture de positions et que le sterling pourrait rebondir à 1,35-1,36 dollar."

La livre s'est traitée jusqu'à 1,3375 dollar lundi, au plus haut depuis le 15 juillet et en hausse de plus de 4% par rapport à son plus bas de 31 ans à 1,28 dollar atteint dans les jours qui ont suivi les résultats du référendum sur le Brexit.

Le secteur des services, qui représente 70% de l'économie britannique, a connu le mois dernier une croissance si soutenue qu'elle remet en cause la perspective d'un plongeon du pays dans la récession cette année.

L'indice PMI Markit/CIPS du secteur s'est ainsi établi à 52,9 le mois dernier contre 47,7 en juillet, qui avait représenté un creux de sept ans. C'est le gain le plus spectaculaire d'un mois sur l'autre depuis la création, il y a 20 ans, de l'enquête auprès des directeurs d'achat.

Les économistes de JPMorgan en charge de la Grande-Bretagne estiment d'ailleurs que les risques d'une récession imminente ont diminué. Ils maintiennent leur appel en faveur d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire par la Banque d'Angleterre cette année mais ils ont revu leur prévision de croissance sur l'ensemble de l'année à 1,9% contre 1,7% précédemment et tablent désormais sur une hausse du PIB de 0,9% l'an prochain (contre 0,6%).

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney devra expliquer mercredi aux parlementaires britanniques les récentes décisions et les perspectives économiques de la banque centrale alors que certains membres de la commission des Finances se montrent très critiques de son discours sur les conséquences potentiellement négatives du Brexit avant le vote et de ses décisions d'abaisser le taux directeur à un nouveau plus bas record de 0,25% tout en réactivant son programme d'achats d'actifs.

"Nous n'avons pas modifié notre anticipation d'une nouvelle baisse des taux par la Banque d'Angleterre en novembre. Mais cette perspective est désormais affectée d'une plus forte incertitude", a dit Alan Monks, économiste sur la Grande-Bretagne de JPMorgan.

Marc Joanny pour le service français, édité par Patrick Vignal

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