August 18, 2016 / 8:32 AM / a year ago

Aux USA, la high-tech n'a pas fini de réduire ses effectifs

4 MINUTES DE LECTURE

par Malathi Nayak et Deborah M. Todd

NEW YORK, 18 août (Reuters) - L'annonce mercredi par Cisco Systems d'un projet de suppression de 5.500 postes ne devrait pas être le dernier plan de réduction d'effectifs décidé par la Silicon Valley, les entreprises de "hardware" peinant à s'adapter à l'évolution rapide des technologies, estiment des analystes financiers et des recruteurs.

Les sociétés qui réalisent la majeure partie de leur chiffre d'affaires dans la vente de matériel - ordinateurs, semi-conducteurs, serveurs, routeurs ou autres - sont particulièrement vulnérables, précisent les analystes, car le poids des applications mobiles et de l'informatique dématérialisée, le "cloud", ne cesse d'augmenter à leur détriment.

Les licenciements chez Cisco arrivent après l'annonce en avril par Intel de la suppression de jusqu'à 12.000 emplois. En janvier, Dell avait supprimé 10.000 postes et il devrait encore réduire ses effectifs une fois bouclé le rachat du spécialiste du stockage de données EMC.

Depuis le début de l'année, les entreprises américaines de hautes technologies ont supprimé au total 63.000 postes selon le cabinet de reclassement Challenger, Gray & Christmas.

"Le secteur de la high-tech traverse une période de déconstruction importante", résume Trip Chowdhry, analyste de Global Equities Research. "Il n'a pas fini de souffrir."

Il explique s'attendre notamment à ce que les effectifs subissent l'impact de la popularité croissante des services dits de "super cloud" fournis par des sociétés comme Amazon ou Microsoft, qui permettent de gérer à distance et de manière globale équipements, logiciels, réseaux et bases de données, rendant donc obsolètes les services spécialisés des clients.

Dommages collatéraux

En janvier, Chowdhry estimait à 330.000 le nombre de postes menacés dans le secteur cette année. Mercredi, il a dit avoir relevé cette estimation à 370.000, un chiffre que d'autres analystes jugent toutefois trop pessimiste.

Outre Dell, IBM, Hewlett Packard Enterprise, Oracle pourraient figurer parmi les prochains groupes touchés par la réduction des effectifs, estiment certains analystes.

Hewlett Packard Enterprise, Dell et Oracle se sont refusés à tout commentaire. IBM n'a pas pu être joint dans l'immédiat.

"Les acteurs historiques des hautes technologies souffrent tous des effets du changement", dit Glenn O'Donnell, du cabinet Forrester Research. "Nous nous attendons à beaucoup de dommages collatéraux, pas seulement pour Cisco."

Ce dernier, numéro un mondial des équipements de réseaux de données, est en train de réorienter sa stratégie vers les services, un domaine qui génère de meilleures marges que le matériel et assure des revenus récurrents, "avec moins de personnel dans la base de coûts", note Roger Kay, analyste d'Endpoint Technologies Associates.

Pour les spécialistes du hardware qui se préparent désormais à perdre leur emploi, les pronostics des professionnels du reclassement sont mitigés.

"Personne n'a envie d'être licencié mais si une suppression d'emploi est inévitable, 2016 n'est pas le pire moment", dit John Reed, directeur général senior du cabinet de recrutement Robert Half Technologies.

Moins optimiste, Andy Price, du cabinet SPMB, estime que "personne ne veut de concepteurs et de techniciens du hardware".

Pour l'instant, ajoute-t-il, "technicien en hardware est probablement la qualification la moins attractive dans la Silicon Valley".

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayt

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below