24 juin 2016 / 20:32 / dans un an

LEAD 2-Wall Street chute elle aussi après le choc du Brexit

* Plus forte baisse du secteur bancaire en près de cinq ans

* Les services collectifs, seul secteur a échapper au repli

* Le S&P repasse en territoire négatif pour l‘année

* Le Dow perd 3,39%, le S&P 3,6% et le Nasdaq 4,12% (Actualisé avec précisions et volume)

par Rodrigo Campos

NEW YORK, 24 juin (Reuters) - La Bourse de New York a chuté à son tour vendredi sous le coup du vote britannique en faveur d‘une sortie de l‘Union européenne et a terminé en forte baisse dans des volumes particulièrement nourris, comme les places européennes et asiatiques avant elle.

L‘indice Dow Jones a abandonné 610,32 points, soit 3,39%, à 17.400,75 points. Le S&P-500, plus large, a perdu 75,91 points, soit 3,59%, sa plus forte baisse en dix mois, à 2.037,41 points, son plus bas niveau en trois mois.

Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 202,06 points (-4,12%) à 4.707,98 points.

L‘indice S&P-500 est repassé en territoire négatif depuis le début 2016. Il a terminé dans une zone de soutien technique importante proche de 2.040 points, mais beaucoup d‘intervenants s‘attendent à ce que les prochaines semaines restent volatiles.

Le recul, qui a frappé quasiment tous les secteurs, sauf les services collectifs qui ont grignoté 0,09%, et avant tout les financières, a entraîné Wall Street dans sa deuxième semaine de baisse d‘affilée. L‘indice Dow Jones et le S&P accusent un repli hebdomadaire de 1,6% et le Nasdaq de 1,9%.

“Les marchés se sont clairement trompés et ont de toute évidence été ahuris par le résultat du vote”, dit Aaron Clark, gérant chez GW&K Investment Management. “Les investisseurs tirent d‘abord et se poseront des questions après.”

L‘indice de volatilité - encore appelé indice de la peur - a bondi de 49,33% à 25,76 points, après avoir grimpé jusqu‘à 26,24 en séance, son plus haut niveau depuis février.

Les marchés européens avaient perdu dans la journée entre 3% et 12%, avec un indice CAC 40 en chute de 8,04%.

Outre le choc provoqué par la victoire du Brexit, la volatilité a été encore aggravée par les ajustements de portefeuilles liés à la refonte annuelle des indices Russell, dont la nouvelle composition sera annoncée après la clôture.

Cette nouvelle composition devrait réduire le poids des financières et de la consommation de base dans l‘indice Russell 2000 des petites capitalisations. Le titre Apple, dont la pondération dans l‘indice Russell 1000 des grandes capitalisations devrait être revu en baisse, a perdu 2,81%.

LES BANQUES PERDENT 7 À 10%

Les grandes banques américaines ont particulièrement souffert, comme le secteur en Europe, en raison de l‘impact financier attendu d‘une sortie de la Grande-Bretagne de l‘UE.

Les titres Goldman Sachs, Morgan Stanley, JPMorgan Chase, Bank of America et Citigroup ont perdu entre 6,95% et 10,15% en clôture. L‘indice bancaire a chuté de 5,41%, plus net recul en cinq ans.

Les investisseurs, qui craignent notamment l‘impact du “Brexit” sur la croissance mondiale, ont cherché refuge auprès du dollar et d‘autres valeurs à faibles risques comme l‘or et la dette souveraine, au détriment des actions et du pétrole.

Le rendement des Treasuries à 10 ans est tombé à 1,406%, à son plus bas niveau depuis juillet 2012, tout comme celui du Bund allemand, qui a touché un plus bas historique de -0,169%, une baisse d‘une ampleur inédite depuis la crise de la dette en zone euro il y a quatre ans.

Les cours du pétrole ont perdu près de 5%, le Brent de la mer du Nord étant revenu sous les 49 dollars le baril, et le brut léger américain sous les 48 dollars. L‘or gagne en revanche 4,91%, autour de 1.317 dollars l‘once.

Le dollar, même s‘il recule face au yen, valeur refuge par excellence, est recherché et prend 2,17% face à un panier de devises de référence.

La livre sterling a été sérieusement éprouvée. Au terme d‘une séance sans précédent en terme de volatilité, la devise britannique plongeait encore de 8,01% face au billet vert , à 1,3670 dollar, vers 20h20 GMT, après être tombée à 1,3232 dollar, au plus bas depuis septembre 1985.

L‘euro a aussi été malmené toute la journée en raison des doutes qui émergent pour l‘avenir de la construction européenne et perdait 2,47% autour de 1,1105 dollar à ce stade.

Pour tenter de rassurer les investisseurs, les banques centrales de la planète ont réaffirmé être prêtes à fournir des liquidités en cas de besoin et certaines sont allées jusqu‘à intervenir directement sur le marché des changes.

La Réserve fédérale s‘est dite disposée à approvisionner les marchés en dollars en coordination avec ses homologues.

Le choc est tel qu‘il pourrait contraindre la Banque centrale européenne à assouplir de nouveau sa politique monétaire dans les mois à venir et la Fed américaine à renoncer à ses projets de hausse des taux cette année.

Le volume total a atteint 15,2 milliards de titres, son niveau le plus élevé depuis août 2011 - dopé en outre par la refonte des indices Russell - alors que le volume quotidien moyen était de 6,8 milliards sur des 20 dernières séances. (Avec Tanya Agrawal et Yashaswini Swamynathan, Juliette Rouillon pour le service français)

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