June 24, 2016 / 12:22 PM / a year ago

LEAD 2-Les banques centrales cherchent à rassurer les marchés

5 MINUTES DE LECTURE

(Actualisé avec communiqués du G7 et de la Fed)

par William Schomberg et Joshua Franklin

LONDRES/ZURICH, 24 juin (Reuters) - Plusieurs des grandes banques centrales de la planète se sont efforcées vendredi de rassurer des marchés pris dans la tourmente après le choix de la Grande-Bretagne de quitter l'Union européenne (UE), allant jusqu'à intervenir directement sur le marché des changes.

La Banque d'Angleterre (BoE) s'est ainsi déclarée prête à débloquer 250 milliards de livres sterling (200 milliards d'euros) supplémentaires ainsi que des liquidités "importantes" en devises et son gouverneur, Mark Carney, a assuré qu'elle prendrait des mesures supplémentaires en cas de besoin.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu'elle se tenait prête à injecter si nécessaire des liquidités en euros et en devises. "A la suite du résultat du référendum au Royaume-Uni, la Banque centrale européenne surveille attentivement les marchés financiers et entretient des contacts étroits avec d'autres banques centrales", écrit-elle dans un communiqué.

La Réserve fédérale américaine s'est pour sa part dite disposée à approvisionner les marchés en dollars en coordination avec ses homologues.

Les banquiers centraux et les ministres des Finances du G7 ont tenu une téléconférence à l'issue de laquelle ils ont répété

qu'une volatilité excessive et des mouvements désordonnés des taux de change pouvaient nuire à la stabilité économique et financière, ajoutant être prêts à intervenir.

En dehors du Groupe des Sept, la Banque populaire de Chine (BPC) s'est engagée quant à elle à préserver la stabilité du yuan et à assurer une liquidité généreuse.

La livre sterling est tombée à son plus bas niveau depuis 1985, la Bourse de Londres a cédé 3,15%, celles de Francfort et Paris respectivement 6,82% et 8,04%.

La Banque Nationale Suisse Freine La Hausse Du Franc

Les banques centrales, qui n'ont pas oublié la crise financière de 2007-2009, craignent un assèchement rapide de la liquidité des marchés en cas de fortes variations des cours, ce qui priverait les entreprises de moyens de financement, au risque de peser sur la croissance économique.

L'économie britannique montrait déjà des signes de ralentissement avant le référendum de jeudi et Carney avait averti qu'elle risquait une nouvelle récession en cas de victoire du camp du "Leave".

L'agence de notation Fitch a de fait déclaré vendredi que la Grande-Bretagne s'exposait désormais à des perspectives de croissance et d'investissement altérées et ajouté que son statut de place financière internationale pourrait aussi en souffrir.

Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a observé lui que les marchés commençaient déjà à se stabiliser et que la panique n'était pas justifiée.

De fait, les rendements des emprunts à 10 ans italien et espagnol, en hausse d'une quarantaine de points de base en début de journée, avaient pratiquement rétrocédé l'intégralité de leurs gains à la mi-journée.

Signe du caractère exceptionnel de la situation financière, la Banque nationale suisse (BNS) a annoncé elle-même être intervenue sur le marché des changes pour faire baisser le franc suisse, l'une des valeurs refuge privilégiées par les investisseurs en cas de turbulences, et elle a promis de rester "active".

Des traders ont par ailleurs dit avoir observé des signes d'intervention de plusieurs grandes banques centrales asiatiques sur les marchés. La Banque de Corée aurait ainsi vendu des dollars pour freiner la chute du won et la Reserve Bank of India aurait fait de même face à la dépréciation de la roupie.

Les plus grandes banques centrales du monde - la Réserve fédérale américaine, la BCE, la BoE, la BNS et la Banque du Japon - ont établi entre elles des "lignes de swaps" qui assurent au marché des changes un approvisionnement en devises en cas de perturbations.

Utilisés pour la première fois à titre exceptionnel après les attentats du 11 septembre 2001, ces dispositifs d'urgence ont été pérennisés après la crise financière mondiale de 2008 et peuvent être activés à tout moment à la demande de l'une des banques centrales concernées.

Bertrand Boucey et Marc Angrand pour le service français

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