LEAD 1-France-Nette correction en baisse du climat des affaires

jeudi 23 juin 2016 14h40
 

* Contrecoup attendu d'un début 2016 fort, le climat social
pèse
    * Le scénario d'une reprise modérée reste de mise
    * Les chefs d'entreprises moins positifs sur leur activité
passée

 (Actualisé avec réactions d'économistes)
    PARIS, 23 juin (Reuters) - Le climat des affaires s'est
sensiblement détérioré ce mois-ci en France, les économistes y
voyant notamment l'impact de l'environnement social tendu, sans
que cela remette en cause, selon eux, le scénario d'une reprise
modérée de l'économie.
    L'Insee, qui prend la température de l'économie en
interrogeant chaque mois les chefs d'entreprise, a publié pour
juin un indicateur global en baisse de deux points par rapport à
mai, où il était à des plus hauts depuis l'été 2011.
    Il est revenu ainsi à 100, soit le niveau de sa moyenne de
long terme, la dégradation étant particulièrement sensible dans
l'industrie manufacturière et dans les services.
    L'institut Markit a diffusé aussi des indicateurs d'activité
qui corroborent la tendance donnée par l'Insee même si leur
niveau, qui traduit une légère contraction de l'activité en
France mois-ci, est jugé trop négatif par les économistes.
 
    Pour Hélène Baudchon, économiste à BNP Paribas, ces chiffres
traduisent le contrecoup attendu après le début d'année très
fort de l'économie française, marqué par la hausse de 0,6% du
PIB au premier trimestre.
    "On s'attendait aussi à une baisse du climat dans
l'industrie, car l'enquête de mai n'a sans doute pas pris en
compte l'effet du blocage des raffineries" par les opposants au
projet de loi Travail, dit-elle.
    Mais le secteur des services est aussi à la peine et ce,
dans la quasi-totalité des branches d'activité, plus
particulièrement l'hébergement-restauration et l'immobilier.
    Michel Martinez, économiste à SG CIB, estime avec le recul
que les chiffres de l'enquête de l'Insee de mai étaient
peut-être aberrants.
    "Si on n'en tient pas compte, on reste fondamentalement sur
un indicateur général de climat des affaires autour de 100/101
depuis le début de l'année", indique-t-il.
    
    L'ACTIVITÉ PASSÉE REVUE EN BAISSE
    Et pour l'Insee, un niveau de 100 pour cet indicateur est
cohérent avec un taux de croissance trimestriel de 0,3% à 0,4%,
ce que l'institut anticipe d'ailleurs pour l'économie française
jusqu'à la fin de l'année dans sa dernière note de conjoncture
.  
     Dans le détail, la baisse du climat des affaires dans
l'industrie manufacturière est largement due à une détérioration
de l'opinion des industriels sur leur activité passée. C'est
notamment le cas dans l'industrie chimique, un secteur perturbé
par les blocages des raffineries le mois dernier.
    Mais le niveau des perspectives personnelles de production
des chefs d'entreprise interrogés, un solde très suivi par les
économistes, est en hausse sur le mois et le niveau des carnets
de commandes est peu changé, même si celles en provenance de
l'étranger sont en léger recul.
    Bien qu'en baisse, l'indicateur du secteur reste au-dessus
de sa moyenne de long terme, de même que ceux de branches comme
l'agroalimentaire et les matériels de transport, y compris
l'automobile.
    Le décrochage (-3 points) de l'indicateur des services était
moins attendu, alors que le rebond du secteur explique une bonne
part la vigueur de l'économie française en début d'année. 
    Là aussi, les chefs d'entreprise ont été plus négatifs sur
leur activité passée, tout comme dans le secteur du commerce de
détail. 
    Et s'ils sont aussi un peu moins positifs sur l'activité
prévue, les patrons du secteur des services sont toujours plus
nombreux à anticiper une hausse de leurs investissements et de
leurs effectifs que le contraire.
    "Il n'y a pas de quoi s'inquiéter pour la croissance
française. Simplement, elle ne devrait pas accélérer beaucoup
plus", estime Hélène Baudchon.
    
    
    Les indicateurs de l'Insee
    Climat des affaires : here
    Industrie manufacturière : here
    Services : here
        
 Les indicateurs français en temps réel                  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel           
 Le point sur la conjoncture française                   
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Myriam Rivet)