Le nouveau scrutin espagnol à l'épreuve de l'abstention

mercredi 22 juin 2016 08h25
 

par Angus Berwick

MADRID, 22 juin (Reuters) - Assise à l'extérieur de la poussiéreuse faculté de sciences politiques de l'université Complutense de Madrid, Elena Jimenez a fait partie des nombreux électeurs et électrices espagnols mécontents qui ont voté en décembre dernier pour de nouveaux partis promettant un changement.

Mais, six mois après, cette doctorante de 28 ans dit qu'elle ne se déplacera pour le scrutin législatif anticipé de dimanche, qui devrait, d'après les enquêtes d'opinion, être caractérisée par le taux d'abstention le plus élevé depuis le retour à la démocratie dans le pays dans les années 1970.

Convaincre des électeurs comme Elena Jimenez de voter lors des législatives du 26 juin - convoquées après l'échec des tentatives de formation d'une coalition gouvernementale sur la base des élections de décembre - est devenu un enjeu majeur pour des partis cherchant à gagner les sièges nécessaires pour sortir de l'impasse.

Elena Jimenez dit que les querelles de partis et leurs réticences à trouver des compromis ont douché l'enthousiasme qu'elle éprouvait en décembre lorsqu'elle a voté pour le parti anti-austérité Podemos, dont le chef de file Pablo Iglesias a un temps enseigné dans les salles de conférence couvertes de graffitis de l'université.

"J'ai voté en espérant le changement mais nous n'avons abouti à rien et, pour cette raison, je m'abstiendrai", ajoute-t-elle.

VERS UNE ABSTENTION RECORD

Avec une abstention qui devrait être de cinq points de pourcentage supérieure à celle de décembre, l'issue des élections reste incertaine. L'institut de sondage Metroscopia voit cette abstention s'établir à entre 30% et 32%, ce qui en ferait le plus gros bloc des électeurs.   Suite...