France-L'AFT défend sa politique d'émission de dettes

mardi 21 juin 2016 18h31
 

* Le record de primes d'émission pas délibéré

* Une inflexion entamée en 2007-2008

* Un impact positif qui s'annule dans le temps

PARIS, 21 juin (Reuters) - L'agence France Trésor (AFT) s'est défendue mardi de toute manipulation de la dette française pour freiner sa progression en proposant aux investisseurs des obligations (OAT) anciennes avec des coupons nettement supérieurs aux taux de marché actuels, avec pour conséquence de réduire leur prix d'émission.

Mise en cause par le président LR de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, l'agence chargée de la gestion de la dette de la France a indiqué qu'il n'y avait de sa part "aucune volonté d'embellir" la situation.

Il s'agit, selon son directeur général Anthony Requin, "d'un phénomène purement technique qui répond à des considérations de marché", à savoir proposer aux investisseurs l'éventail le plus large possible de titres très liquides dans un environnement de taux bas.

Pour l'AFT, les rachats de dettes opérés depuis début 2015 par la Banque centrale européenne ont accentué cette nécessité.

Tout est parti du rapport de la Cour des comptes sur l'exécution du budget de l'Etat en 2015, qui a constaté que la dette de l'Etat avait moins progressé (+48 milliards d'euros) l'an passé que son déficit (70,5 milliards) du seul fait de la politique d'émission de l'AFT.

Celle-ci a enregistré un record de 22,7 milliards d'euros de "primes d'émission" - la différence entre le prix payé par les investisseurs pour acquérir des OAT émises et la valeur nominale de celles-ci quand le coupon est plus élevé que les taux de marché - lors de ses adjudications mensuelles, soit l'équivalent d'un peu plus d'un point de PIB.   Suite...