Lafarge accusé par Le Monde d'arrangements avec l'EI en Syrie

mardi 21 juin 2016 16h17
 

PARIS, 21 juin (Reuters) - Une cimenterie du groupe français Lafarge située à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, a payé des taxes à l'organisation Etat islamique en 2013 et 2014 pour continuer à fonctionner pendant la guerre, affirme mardi le quotidien Le Monde.

"Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l'opposition Zaman Al-Wasl et que Le Monde a pu consulter, révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu'au 19 septembre 2014, date à laquelle l'EI s'empare du site et Lafarge annonce l'arrêt de toute activité", écrit le journal.

Selon Le Monde, la société s'est efforcée d'assurer l'accès à l'usine des employés et des matières premières en recourant à des intermédiaires locaux et la direction de Lafarge à Paris était au courant de la situation.

"Lafarge passait par des intermédiaires et des négociants qui commercialisaient le pétrole raffiné par l'EI, contre le paiement d'une licence et le versement de taxes", écrit Le Monde.

Le journal fait notamment état d'un laissez-passer estampillé du tampon de l'EI, daté du 11 septembre 2014, pour permettre la libre circulation des matériaux et d'un courriel du 9 septembre 2014 concernant les approvisionnements.

Lafarge a fusionné l'an dernier avec son concurrent suisse Holcim pour donner naissance au premier groupe cimentier mondial LafargeHolcim .

Interrogé par Reuters sur l'article du Monde, le groupe LafargeHolcim n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat.

(Dominique Rodriguez, édité par Marc Joanny)