Soros prédit une chute massive de la livre en cas de Brexit

mardi 21 juin 2016 11h13
 

LONDRES, 21 juin (Reuters) - Un vote des Britanniques jeudi en faveur d'une sortie de l'Union européenne déclencherait une dévaluation de la livre plus massive encore que celle de septembre 1992, a estimé mardi George Soros, le financier qui à l'époque avait fait plier la Banque d'Angleterre et le gouvernement.

En pariant sur la surévaluation du sterling par rapport au mark, le fonds Quantum de Soros avait contraint le Premier ministre d'alors, John Major, à retirer la livre du Mécanisme de change européen qui liait les devises les unes aux autres.

Dans une tribune publiée par The Guardian, le milliardaire aujourd'hui âgé de 85 ans estime que la livre pourrait chuter de 15%, et potentiellement de plus de 20%, en cas de victoire du "Brexit" au référendum de jeudi. La devise, qui se traite actuellement autour de 1,46 dollar, pourrait ainsi dégringoler sous 1,15 selon lui.

"La valeur de la livre chuterait précipitamment. Cela aurait un impact immédiat et puissant sur les marchés financiers, l'investissement, les prix et l'emploi", écrit-il.

"Je m'attendrais à ce que cette dévaluation soit plus importante et aussi plus perturbante que celle de 15% survenue en septembre 1992, quand j'avais eu la chance de réaliser un profit substantiel pour mes investisseurs hedge funds."

Pour George Soros, la dépréciation de la monnaie qui suivrait un Brexit serait plus comparable à celle de 1967 quand le Premier ministre d'alors, Harold Wilson, avait dévalué la livre à $2,40 contre $2,80.

Les spéculateurs s'en donneraient à coeur joie pour exploiter la situation à leur profit et la banque centrale aurait peu de moyens pour les contrer, ajoute le financier d'origine hongroise, classé 23e fortune mondiale par le magazine Forbes avec 24,9 milliards de dollars (22 milliards d'euros).

"Aujourd'hui, il y a des forces spéculatives beaucoup plus importantes et puissantes sur les marchés. Et elles ne demandent qu'à exploiter tout mauvais calcul du gouvernement britannique ou des électeurs britanniques", affirme-t-il.

"Le Brexit rendrait certaines personnes très riches mais appauvrirait considérablement la plupart des électeurs." (Guy Faulconbridge, Véronique Tison pour le service français)