La Société générale entendue après une plainte de Kerviel

lundi 20 juin 2016 15h00
 

PARIS, 20 juin (Reuters) - La Société générale a été entendue lundi et placée sous le statut de témoin assisté par un juge d'instruction dans le cadre d'une enquête ouverte après une plainte déposée par Jérôme Kerviel pour subornation de témoin, a-t-on appris auprès de l'avocat de la banque.

L'ancien trader, condamné définitivement en 2014 à trois ans de prison ferme, a toujours affirmé que la Société générale ne pouvait ignorer qu'il prenait des positions non couvertes qui se sont soldées par une perte de 4,9 milliards d'euros.

Il a déposé trois plaintes contre la banque : pour faux et usage de faux, escroquerie au jugement et subornation de témoin. Deux informations judiciaires ont été ouvertes par la suite.

"La banque a été entendue" dans le cadre de l'enquête relative à sa plainte pour subornation de témoin, a déclaré à Reuters l'un de ses avocats, Jean Veil.

Il a ajouté que la Société générale avait été placée à cette occasion sous le statut de témoin assisté, soulignant toutefois que le juge ne pouvait pas l'entendre comme simple témoin.

Quand une personne est directement visée par une plainte, elle ne peut être entendue que comme témoin assisté ou mis en examen, confirme une source judiciaire.

"Pour moi, ce sont des affaires qui vont être classées incessamment", a ajouté Jean Veil.

Jérôme Kerviel a remporté sa première victoire judiciaire le 7 juin, en faisant condamner la Société générale à lui verser plus de 450.000 euros pour un licenciement considéré "sans cause réelle ni sérieuse" par le Conseil de prud'hommes de Paris.

A la surprise de la banque, l'avocat général de la cour d'appel de Versailles a par ailleurs demandé vendredi le rejet de sa demande de compensation.

La décision des juges sera connue le 23 septembre.

Si les juges suivent la recommandation de l'avocat général et tous les recours échouent, la France demandera à la banque de rembourser les 2,2 milliards d'euros de crédit d'impôt accordés en raison de la perte enregistrée lors de l'affaire Kerviel. (Chine Labbé, édité par Jean-Baptiste Vey)