France-Risque financier toujours élevé avec le référendum GB-BdF

lundi 20 juin 2016 18h00
 

* Un Brexit aurait des conséquences financières et macroéconomiques

* BoE et BCE armées contre un potentiel risque de liquidité

* Les banques françaises pourraient rapatrier des activités

PARIS, 20 juin (Reuters) - Les risques pesant sur le système financier français restent élevés, l'issue du référendum britannique de jeudi sur le maintien ou non dans l'Union européenne étant susceptible de générer des turbulences financières qui se répercuteront sur les banques françaises, prévient lundi la Banque de France.

Dans son rapport semestriel sur l'évaluation des risques du système financier français, la banque centrale française souligne toutefois que la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque centrale européenne (BCE) disposent des instruments nécessaires pour contenir des potentielles tensions sur la liquidité consécutives à un éventuel "Brexit".

"Une forte dévaluation de la livre (...) dégraderait sensiblement, du point de vue des contreparties en zone euro, la valeur des actifs libellés dans cette monnaie. Elle pourrait engendrer des doutes sur la solidité d'intermédiaires systémiques qui pourraient entraîner des tensions sur la liquidité" et par conséquent affecter négativement les banques françaises, lit-on dans le rapport.

"Étant donné l'importance de la place de Londres dans le système financier, une sortie du Royaume-Uni de l'UE pourrait affecter à terme les banques françaises mais une réallocation des activités financières en Europe pourrait se dessiner", ajoute la Banque de France.

Ainsi, en cas de Brexit, les banques françaises pourraient rapatrier dans l'Hexagone certaines activités spécialisées gérées à l'heure actuelle dans leur filiale londonienne (project finance, shipping finance et, dans une moindre mesure, les activités de marchés, notamment sur les dérivés).

Elles pourraient également rediriger vers des contreparties européennes une partie de leur exposition à des contreparties britanniques - y compris les filiales britanniques de banques françaises - qui représentait un total de 228 milliards de dollars (environ 200 milliards d'euros) fin 2015.   Suite...