L'affaire Madoff s'invite dans le rapprochement Orange-Groupama

jeudi 16 juin 2016 14h56
 

PARIS, 16 juin (Reuters) - Des salariés actionnaires d'Orange s'inquiètent du risque financier que pourrait faire peser un litige lié à l'affaire Madoff impliquant Groupama Banque dont l'opérateur télécoms doit prendre le contrôle en vue de lancer une banque sur mobile.

Le syndicat CFE-CGC et l'association pour la défense de l'épargne et de l'actionnariat des salariés (ADEAS) ont adressé une lettre au directeur financier Ramon Fernandez afin de s'assurer que toutes les dispositions ont été prises par le groupe pour faire face aux conséquences potentielles de procédures en cours depuis plusieurs années en France et aux Etats-Unis.

A la tête d'un fonds d'investissement, le new-yorkais Bernard Madoff avait mis au point un système du type pyramide de Ponzi par lequel l'argent placé par les derniers investisseurs arrivés permettait de verser les rendements juteux promis aux précédents.

Plusieurs établissement financiers français ont été floués et des procédures sont toujours en cours.

"Le risque financier pourrait s'élever à 373 millions de dollars, montant supérieur au prix que paiera Orange pour l'acquisition de 65% du capital de Groupama Banque", font valoir la CFE-CGC et l'Adeas dans leur lettre datée de fin mai.

Les représentants des salariés actionnaires, deuxièmes actionnaires d'Orange après l'Etat français avec près de 5% du capital, s'étonnent par ailleurs que l'existence de ce litige ne soit pas mentionné dans les rapports financiers de l'assureur mutualiste.

Groupama n'a souhaité faire aucun commentaire sur ces informations.

A l'époque de la révélation du scandale en 2008, l'assureur mutualiste avait évoqué une exposition nette inférieure à dix millions d'euros.

Orange fait valoir de son côté qu'il n'existe pas de risque pour l'opérateur, des protections ayant été négociées avec Groupama lors des discussions en vue de leur partenariat dans la banque.

"Dans toute opération de fusion-acquisition, le groupe procède à une analyse de risque méthodique et détaillée de l'actif et du projet", explique l'ancien monopole dans une déclaration transmise à Reuters par email.

"Ce litige, bien antérieur à nos négociations avec Groupama, a été clairement identifié et analysé. Les mesures nécessaires ont été prises", ajoute l'opérateur, assurant que le groupe est "prémuni contre ce risque de passif". (Gwénaëlle Barzic et Maya Nikolaeva, édité par Jean-Michel Bélot)