LEAD 1-La BCE entame au pas de charge ses achats de dette d'entreprise

lundi 13 juin 2016 18h18
 

(Actualisé avec précisions, commentaire, contexte)

FRANCFORT, 13 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne a annoncé lundi avoir acheté pour 348 millions d'euros d'obligations d'entreprise lors de la première journée de mise en oeuvre de son nouveau programme d'assouplissement quantitatif, un montant bien supérieur aux attentes qui illustre sa détermination à agir autant que possible pour soutenir la croissance et l'inflation.

Ces achats équivaudraient à plus de sept milliards d'euros par mois si le rythme du premier jour était maintenu, mais cela ne devrait pas être le cas. Ils indiquent néanmoins que la BCE entend faire taire les interrogations sur sa capacité à acheter pour plus d'un milliard d'euros par mois d'obligations "corporate".

Annoncé en mars pour renforcer le programme d'assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) d'un montant total de 1.740 milliards d'euros d'ici mars 2017, le "programme d'achats de titres du secteur des entreprises" (corporate sector purchase programme, CSPP) a été mis en oeuvre mercredi dernier. Il porte sur des obligations émises par des entreprises privées notées en catégorie d'investissement.

En faisant baisser les coûts de financement des entreprises, ils visent à favoriser l'investissement et la croissance de l'activité du secteur privé.

"Il ne faut pas sur-interpréter les chiffres d'une seule journée car la BCE a sciemment réalisé ces achats dans le but d'adresser un signal le lundi suivant", a commenté Michal Jezek, responsable de stratégie crédit de Deutsche Bank. "Ce signal semble confirmer nos prévisions, à savoir que la BCE a l'intention de procéder à des achats importants d'obligations d'entreprise."

"Je ne pense pas qu'elle maintienne ce rythme-là sur le marché secondaire. Si c'est le cas, avec des achats sur le primaire en plus, ce serait une grosse et bonne surprise", a-t-il ajouté.

Les taux d'intérêt, notamment pour les petites et moyennes entreprises des pays "périphériques" de la zone euro ont fortement baissé, a noté de son côté Erik Nielsen, chef économiste d'UniCredit, les taux pratiqués en Italie pour les prêts allant jusqu'à cinq ans revenant pratiquement au même niveau que ceux en vigueur en Allemagne alors qu'un écart de 130 à 140 points de base les séparait il y a deux ans.

La dette d'entreprise non financière "investment grade" de la zone euro affichait en fin de semaine dernière un rendement de 1,113%, contre 1,6% environ en mars lors de l'annonce du CSPP par la BCE.

(Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français)