13 juin 2016 / 09:07 / dans un an

LEAD 1-France-Total condamné pour une explosion mortelle à Carling

(Actualisé avec citations)

STRASBOURG, 13 juin (Reuters) - Total Petrochemicals, la filiale produits chimiques du groupe pétrolier français, a été condamné lundi à 200.000 euros d‘amende par le tribunal correctionnel de Sarreguemines, pour l‘explosion d‘un vapocraqueur qui avait fait deux morts et six blessés à Carling en 2009, a-t-on appris auprès du greffe.

Claude Lebeau, qui était directeur de l‘usine à l‘époque des faits, est condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d‘amende.

Les peines sont conformes aux réquisitions prononcées par le procureur, le 4 mars dernier, pour la compagnie pétrolière et réduites de moitié s‘agissant de son employé.

L‘accident était survenu le 15 juillet, alors que les ouvriers tentaient de rallumer un surchauffeur, un four à gaz qui augmente la température de la vapeur utilisée pour craquer le naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont produits l‘éthylène et le propylène.

La désactivation d‘un détecteur de flammes, un équipement de sécurité qui empêche l‘arrivée du gaz en cas d‘extinction des veilleuses, mais dont le fonctionnement était jugé trop aléatoire par l‘entreprise, constitue pour les juges la cause principale de l‘accident.

“Cette explosion ne serait jamais survenue si les BSL (Burner Security Low) des détecteurs de flammes n‘avaient pas été shuntés”, affirme le tribunal qui juge dès lors sans objet la problématique de l‘erreur humaine, invoquée par les avocats de la défense pour plaider la relaxe.

”L‘irrespect du mode opératoire par les opérateurs de terrain est la cause directe de l‘explosion mais n‘en est pas la cause unique et exclusive“, le court-circuitage de la sécurité étant ”la cause indirecte mais première et inéluctable, dit-il dans ses motivations.

Le tribunal bat en brèche, au passage, l‘affirmation des avocats de Total selon laquelle “la sécurité est une valeur fondamentale” de l‘entreprise.

Il note que si la pose du “shunt” date de 1995, Total Petrochemicals ne l‘a présentée au Comité hygiène et sécurité du site qu‘en 1999 et “ne s‘est préoccupé d‘y remédier qu‘à compter de la mise en demeure par les services de la Drire (Direction régionale de l‘industrie, de la recherche et de l‘environnement) en 2006”.

Une solution technique sera trouvée peu de temps après l‘accident.

“La faute caractérisée commise par la société Total Petrochemicals France a été commise durant de nombreuses années et sciemment dissimulée à l‘autorité préfectorale. Elle est ainsi d‘une toute particulière gravité”, concluent les juges. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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