VW soupçonné de destruction de données en Allemagne

jeudi 9 juin 2016 19h01
 

HAMBOURG/LONDRES, 9 juin (Reuters) - Le parquet de Brunswick a ouvert une enquête pour déterminer si des salariés de Volkswagen ont détruit des données susceptibles de nuire à l'entreprise avant que celle-ci ne reconnaisse devant les autorités américaines avoir faussé les résultats de tests anti-pollution.

Un porte-parole du parquet de Basse-Saxe, le Land qui abrite le siège social de Volkswagen, a dit qu'il existait des soupçons de tentative d'entrave à la justice et de dissimulation de preuves.

Le constructeur automobile de Wolfsburg s'est refusé à tout commentaire.

Il avait reconnu le 18 septembre dernier avoir truqué des tests d'émissions polluantes en Californie. Le scandale a provoqué une chute de 20% de la capitalisation boursière, poussé son président du directoire à la démission et il risque de lui coûter des milliards d'euros en frais de justice, amendes et frais de modification des véhicules affectés.

Volkswagen a demandé au cabinet juridique Jones Day d'enquêter sur cette affaire, qui vaut au groupe d'être poursuivi par certains investisseurs pour avoir négligé d'en informer le marché en temps et en heure.

Un porte-parole du parquet de Brunswick a précisé qu'une partie des données retirées des ordinateurs avait été transférée sur des supports externes et restituée par la suite.

"Pour l'instant, les enquêteurs ne supposent pas qu'une grande quantité de données ont été perdues, pas suffisamment pour compromettre ou retarder les investigations sur le diesel", a-t-il dit.

Volkswagen a inscrit dans ses comptes un total de 16,2 milliards d'euros de provisions pour couvrir le coût de la modification de plusieurs millions de véhicules. Il a conclu un projet d'accord amiable avec la justice américaine mais reste menacé d'amendes et de poursuites aux Etats-Unis. (Jan Schwartz et Kirstin Ridley; Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français)