Nouvelle-Zélande-Taux inchangés, le dollar "kiwi" s'envole

jeudi 9 juin 2016 10h13
 

WELLINGTON, 9 juin (Reuters) - La banque centrale néo-zélandaise a laissé son taux directeur inchangé à son plus bas record de 2,25% tout en laissant entendre qu'elle n'était guère disposée à assouplir davantage sa politique monétaire au vu de l'envolée des prix immobiliers dans le pays.

Cette décision provoque une vive hausse du dollar néo-zélandais, qui gagne 1,74% par rapport au dollar américain vers 08h15 GMT, un bond qui semble suggérer que certains économistes avaient anticipé une nouvelle baisse des taux.

La Banque de réserve de Nouvelle-Zélande n'a pas exclu cette possibilité au nom du bas niveau de l'inflation, une situation qui pèse sur l'économie mondiale et qui a conduit la banque centrale sud-coréenne à annoncer une baisse surprise de son taux directeur, ramené à 1,25%.

Mais le pays - où les taux ont été abaissés à cinq reprises depuis juin 2015, la dernière remontant en mars - se retrouve aussi avec marché immobilier en plein boom.

"L'inflation du prix des maisons à Auckland et dans d'autres régions vient se rajouter aux inquiétudes concernant la stabilité financière", déclare Graeme Wheeler, gouverneur de la banque centrale, cité dans un communiqué.

Le marché évalue désormais 40% les chances d'une baisse des taux à l'issue de la réunion du 11 août alors qu'elles étaient vues à 60% avant la décision de ce jeudi.

"Il y a de puissantes forces, opposées, qui viennent donner des coups de tampon dans la position en matière de politique monétaire. La stabilité des prix à elle seule justifierait des taux plus bas mais l'argument plaidant en faveur du statu quo est le rebond du marché immobilier, et les commentaires au sujet de ce dernier manifestent plus d'inquiétudes qu'en avril", a déclaré Ben Jarman, économiste chez JPMorgan.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), les prix immobiliers en Nouvelle-Zélande, alimentés par le bas niveau des taux, un niveau élévé d'immigration et une pénurie de logements, connaissent la deuxième hausse la plus prononcée au monde, derrière ceux du Qatar.

De son côté, à 0,4%, l'inflation est largement en-deçà de l'objectif d'une inflation annuelle comprise entre 1% et 3% de la banque centrale. (Rebecca Howard et Charlotte Greenfield, Benoît Van Overstraeten pour le service français)