9 juin 2016 / 05:02 / dans un an

RPT-Le marché compte sur la BCE pour doper les profits des sociétés cotées

(Répétition sans changement d‘une dépêche diffusée mercredi)

* La BCE a démarré ses achats d‘obligations “corporate”

* Une incitation au refinancement de la dette

* Fiat, Telefonica, parmi les candidats au refinancement-Goldman

* Une aubaine pour des résultats à la peine en Europe :

* reut.rs/2553txN

par Sudip Kar-Gupta

LONDRES, 9 juin (Reuters) - Le programme d‘achats d‘obligations d‘entreprise lancé par la Banque centrale européenne (BCE) mercredi devrait soutenir les profits à la peine des entreprises européennes en réduisant leurs coûts d‘emprunt et en favorisant le refinancement de leurs dettes à des conditions plus avantageuses, estiment des analystes et des gérants.

La croissance des résultats pourrait ainsi bénéficier d‘un coup de fouet qui pourrait sur le papier se traduire par une hausse à deux chiffres, prévoient certains analystes qui s‘attendent aussi à des rachats d‘actions voire à une accélération des opérations de fusions-acquisitions.

“Il y a ce coup de pouce qui démarre cette semaine”, a dit Tim Barker responsable des investissements dans le crédit d‘Old Mutual Global Investors, en référence au début des achats d‘obligations corporate par la Banque centrale européenne, mercredi.

Le programme annoncé en mars et destiné à pousser les entreprises à investir et à embaucher en réduisant leurs coûts de financement a déjà déclenché une vague d‘émissions obligataires pour un total de plus de 110 milliards d‘euros, selon des données d‘IFR.

Les titres émis par l‘assureur Generali, l‘opérateur télécom Telefonica ou l‘énergéticien Engie ont figuré parmi les premières cibles des achats de la BCE, ont dit des opérateurs et des investisseurs à IFR, un service d‘information spécialisé sur les marchés du crédit de Thomson Reuters.

“Nous avons des actions Telefonica et la BCE apporte un soutien supplémentaire à des entreprises comme celles-là”, a dit Andrea Williams, gérante actions européennes chez London Asset Management.

Pour Rory McPherson, responsable de la stratégie d‘investissement de Psigma Investment Management, des entreprises du secteur des biens de consommation disposant de solides cash-flows, comme Unilever, bénéficieront aussi du programme d‘achats de la BCE.

CINQ ANNÉES DE VACHES MAIGRES POUR LES PROFITS

Il pourrait aussi ouvrir la voie à des rachats d‘actions et à des opérations de fusions-acquisitions, ont dit des gérants, ce qui soutiendra la dynamique des profits des entreprises européennes, en recul sur trois des quatre dernières années en données agrégées et qui pourraient peiner à croître cette année.

Graphique sur l‘évolution des prévisions de croissance des bénéfices par action des entreprises européennes depuis 2011:

reut.rs/2553txN

Selon UBS, le taux d‘intérêt moyen payé par les entreprises européennes sur leur dette, aussi bien bancaire qu‘obligataire, est de 2,8%. D‘après l‘indice Iboxx des entreprises non financières, le rendement moyen de leur dette en catégorie d‘investissement ressortait à 1,15%, mardi.

L‘écart signifie que si l‘intégralité de la dette existante était refinancée, les résultats progresseraient de 11% environ, estime Nick Nelson, responsable de la stratégie actions européennes chez UBS.

De manière plus réaliste, il calcule que si les entreprises européennes refinançaient leurs dettes arrivant à échéance entre 2016 et 2020, la réduction de la charge d‘intérêt pourrait augmenter la croissance des résultats d‘un à 1,5 point de pourcentage chaque année dans l‘hypothèse d‘un maintien des taux à leurs niveaux actuel.

“Cela peut sembler assez faible mais après cinq années sans croissance, et sachant que le consensus pour cette année est proche d‘une croissance nulle, c‘est mieux que rien.”

Les entreprises lourdement endettées dans des secteurs comme la construction, les télécoms et les services aux collectivités seront les plus enclines à refinancer leur dette, ce qui améliorera leurs résultats et la rémunération de leurs actionnaires, ont dit des investisseurs.

Telecom Italia, Fiat Chrysler, Telefonica et E.ON figurent parmi les entreprises qui peuvent voir leurs résultats progresser si elles refinancent aux niveaux de taux actuels leurs dettes arrivant à échéance avant 2019, prévoit Goldman Sachs. (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

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