Les taux ne peuvent aller trop loin en territoire négatif-Villeroy

mercredi 8 juin 2016 11h38
 

BERLIN, 8 juin (Reuters) - François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a dit mercredi qu'on ne pouvait enfoncer à l'infini les taux d'intérêt en territoire négatif, ajoutant qu'il fallait utiliser cet outil avec prudence.

"Les instruments non conventionnels ne sont pas tous légitimes; il y a des limites au chemin que les taux d'intérêt peuvent parcourir dans le négatif. Donc ce type de mesure non conventionnelle a son utilité mais doit être manié avec prudence", a-t-il dit lors d'une conférence à Berlin.

Le taux de refinancement, principal taux directeur de la BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à -0,4%.

La politique ultra-accommodante de la BCE, avec un programme de rachat d'actifs en plus des taux d'intérêt négatifs, fait l'objet de critiques en Allemagne, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, ayant par exemple dit fin mai que les mesures prises par la BCE n'étaient pas les meilleures pour la première économie européenne.

François Villeroy de Galhau a estimé que les critiques allemandes devaient conduire la BCE à mieux expliquer ses décisions, tout en ajoutant que l'institut d'émission ne pouvait fonder sa politique monétaire sur les intérêts de certains pays.

"Je voudrais dire que nos récentes décisions de politique monétaire sont essentiellement en conformité avec les principes de stabilité que la culture allemande incarne à merveille", a-t-il ajouté.

Le gouverneur de la Banque de France a également dit que la création de "monnaie hélicoptère", expression qui désigne la distribution d'argent aux ménages pour stimuler la croissance économique, ferait plus de tort que de bien. "Nous n'en avons pas besoin et ce n'est pas d'actualité."

François Villeroy de Galhau a enfin signalé que la BCE avait le devoir de protéger la stabilité des prix dans les deux sens, observant toutefois que le risque de déflation était plus grand que celui d'une inflation forte. (Noah Barkin et Michelle Martin, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)