Nigeria-Des rebelles veulent réduire à néant la production de brut

vendredi 3 juin 2016 17h35
 

LONDRES/ONITSHA, Nigeria, 3 juin (Reuters) - Le groupe rebelle "Niger Delta Avengers" a revendiqué vendredi trois nouvelles attaques commises contre des infrastructures pétrolières situées dans le delta du Niger, promettant de ramener à "zéro" la production pétrolière du Nigeria.

La multiplication de ces attaques a considérablement affecté la production d'hydrocarbures, principale ressource du pays.

Vendredi matin, le groupe a dit sur son compte Twitter avoir fait exploser un oléoduc appartenant au groupe italien Eni , quelques heures après une attaque commise contre un autre oléoduc appartenant à la même société. Une installation du groupe Shell Petroleum Development Company of Nigeria (SPDC) a également été visée.

"A environ 3h30 du matin, notre équipe a fait exploser l'oléoduc reliant Brass à Tebidaba, à Bayelsa (un Etat nigérian, NDLR)", a dit le groupe sur le compte Twitter qu'il utilise habituellement pour revendiquer ses actions.

Dans un communiqué, les Niger Delta Avengers disent avoir ramené la production du pays à 800.000 barils par jour (bpj), contre deux millions de bpj, sans avoir "pris une seule âme".

Le ministre nigérian du Pétrole a assuré jeudi que la production du pays s'élevait à 1,6 million de bpj.

Eni n'a pas répondu aux demandes de commentaires tandis qu'un porte-parole de SPDC a dit que son groupe étudiait des informations faisant état d'une attaque contre son oléoduc dans l'ouest du delta du Niger.

Selon les observateurs, rien ne laisse entrevoir de diminution de la violence et le conflit risque de continuer de peser sur les finances et sur la production de pétrole au Nigeria.

Le Conseil de la jeunesse Ijaw, qui représente le plus grand groupe ethnique de la région, a demandé au président Muhammadu Buhari de prendre la situation en main et adopter au plus vite des mesures afin de "ramener la paix et d'assurer le retour à la normale dans la région".

Le chef d'Etat a annulé jeudi une visite prévue dans la région, ce que la vice-présidente du Programme Afrique de Chatham House a qualifié "'d'occasion manquée".

"L'annulation sans explication affectera davantage encore les liens du président avec la région", a déclaré Elizabeth Donnelly. "Pour éviter l'escalade de la violence et de l'instabilité dans le delta du Niger, le président doit faire preuve de volonté." (Nicolas Delame pour le service français)