ArcelorMittal cherche un soutien pour une offre sur Ilva-presse

vendredi 3 juin 2016 14h16
 

ROME, 3 juin (Reuters) - ArcelorMittal a demandé à la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), la caisse des dépôts italienne, d'appuyer son offre de reprise du site sidérurgique en difficulté Ilva, convoité par deux autres repreneurs potentiels, a déclaré son directeur des fusions-acquisitions au quotidien Il Sole 24 Ore.

Le gouvernement italien a reporté au 30 juin la date limite de présentation des offres fermes de reprise d'Ilva, la plus grande aciérie d'Europe par la capacité, en précisant qu'il lui faudrait quatre mois pour les étudier du point de vue des implications pour l'environnement.

Le site d'Ilva, qui emploie environ 16.000 personnes, est administré par l'Etat depuis l'an dernier.

Ondra Otradovec, le directeur des fusions-acquisitions d'ArcelorMittal, a qualifié de "stratégique" le projet de reprise du site dans l'entretien à Il Sole. Il a confirmé que le groupe s'associerait sur ce dossier à l'italien Marcegaglia, sur la base d'une reprise à 85% par ArcelorMittal et 15% par Marcegaglia si la CDP ne rejoignait pas le projet.

Les deux autres candidats sont le sidérurgiste italien Arvedi et le turc Erdemir.

La CDP, qui a exprimé publiquement son intérêt pour une prise de participation minoritaire dans Ilva, a rencontré ces derniers jours des représentants d'Arvedi et Erdemir, a déclaré à Reuters une source proche du dossier.

CDP s'est refusé à tout commentaire sur ces contacts.

Pour attirer des repreneurs, Ilva leur a assuré des conditions favorables, en s'engageant à réduire ses effectifs de 4.000 personnes et en s'assurant un prêt relais de 1,1 milliard d'euros pour financer les coûts de la décontamination du site, proche de la ville de Tarente, dans les Pouilles.

L'aciérie avait été placée sous administration judiciaire en 2013 après la saisie par la justice de 8,1 milliards d'euros d'avoirs de ses anciens propriétaires, la famille Riva, et alors que les émissions polluantes du site étaient accusées d'être à l'origine d'un taux anormalement élevé de cancers dans la région.

(Gavin Jones; Marc Angrand pour le service français)